| environnement | 24.08.2026 | 7 |
À travers ce dispositif, le Ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique, entend disposer d’une connaissance régulière de l’état des eaux lagunaires, continentales et littorales.
Le RNO permet de détecter les fragilités des milieux aquatiques, de suivre leur évolution et de fournir aux gestionnaires les éléments nécessaires à leur protection. Son intérêt réside notamment dans la transformation des observations de terrain et des analyses scientifiques en informations exploitables.
La surveillance régulière permet de constituer une base de données nationale et d’établir progressivement une cartographie des contaminants présents dans les différents plans d’eau. Cette démarche revêt une importance particulière face aux conséquences de l’orpaillage.
Les activités d’extraction, notamment lorsqu’elles sont pratiquées de manière illégale, peuvent entraîner le rejet de matières en suspension et de substances dangereuses, telles que le mercure, le cyanure et certains métaux lourds. Le suivi scientifique des cours d’eau permet ainsi d’identifier les zones vulnérables et de mieux apprécier l’évolution des contaminations.
Le RNO s’inscrit surtout dans une logique d’anticipation. Il ne s’agit plus d’attendre qu’une pollution devienne visible (comme c’est malheureusement le cas maintenant) ou qu’une crise survienne pour intervenir. Les données recueillies doivent contribuer à renforcer le système d’alerte et à orienter les actions de prévention et de protection des ressources en eau.
Le programme RNO continental prévoit des campagnes semestrielles sur les quatre principaux fleuves du pays : la Comoé, le Bandama, le Sassandra et le Cavally, avec respectivement 8, 12, 8 et 7 stations de surveillance.
Sur le terrain, les équipes du Laboratoire Central de l’Environnement (LCE) du CIAPOL réalisent des mesures in situ portant notamment sur le pH, la température, l’oxygène dissous, la conductivité, la salinité et les solides totaux dissous.
Des prélèvements sont également effectués pour analyser les nitrates, les nitrites, l’ammonium, les phosphates, le DCO, l’azote et les phosphores totaux, ainsi que plusieurs indicateurs microbiologiques. D’autres paramètres quant à eux seront déterminés à l’aide du camion laboratoire qui suit l’équipe sur le terrain
Les analyses approfondies sont réalisées au LCE à Abidjan. Elles permettent notamment de rechercher des bactéries telles que les salmonelles, les staphylocoques et les Pseudomonas, mais également des contaminants chimiques comme le mercure, le cyanure, l’arsenic, le cadmium et le plomb. Les investigations portent également sur les sédiments et la matière vivante, ainsi que sur les pesticides et hydrocarbures.
Après les campagnes déjà menées sur le Bandama et le Cavally, une nouvelle opération est actuellement conduite sur la Comoé, tandis qu’une campagne est prévue sur le Sassandra. Cette progression doit permettre de disposer d’une vision plus complète de l’état des eaux continentales ivoiriennes.
L’enjeu du RNO dépasse la simple production de résultats d’analyses. Les informations recueillies doivent permettre de mesurer l’évolution de la qualité des eaux, d’identifier les secteurs vulnérables, d’apprécier les risques et d’évaluer l’efficacité des mesures de protection et de prévention. Dans les zones soumises à la pression de l’orpaillage, ces données peuvent notamment contribuer à mieux cibler les interventions et à accompagner les politiques de préservation des ressources hydriques.
La relance du RNO en 2026 constitue ainsi une étape importante dans le renforcement de la veille environnementale assurée par le CIAPOL. En produisant des informations objectives, régulières et comparables dans le temps, le dispositif permet de passer d’une gestion fondée sur le constat à une approche davantage axée sur l’anticipation.
À travers ces campagnes, le CIAPOL contribue donc à mieux connaître les cours d’eau ivoiriens afin de prévenir les risques, protéger les écosystèmes, préserver la santé des populations et permettre aux décideurs d’agir sur la base de données scientifiques fiables. Le RNO s’affirme ainsi comme un véritable outil d’aide à la décision et d’anticipation au service de la protection durable des ressources en eau de la Côte d’Ivoire.
michel.kouadio@ciapol.ci,
NB : Le titre est de La Rédaction
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