| vegetale | 11.05.2026 | 4 |
Face à un auditoire composé d’enseignants-chercheurs, de professionnels du secteur agricole et de diplômés de l’ESA, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, le membre du gouvernement a livré une intervention dense, orientée vers les perspectives d’emplois et d’investissements qu’offre aujourd’hui le sous-secteur vivrier ivoirien.
Dès l’ouverture de sa communication, Bernard Kini Comoé a planté le décor à travers des données qui traduisent les défis auxquels le pays reste confronté. Selon les chiffres présentés, la Côte d’Ivoire a importé, en 2025, près de 2,9 milliards de dollars de produits alimentaires, dont environ 1,1 milliard consacrés au seul riz. Une situation qui, selon lui, fragilise l’économie nationale face aux fluctuations des marchés internationaux et aux crises mondiales.
« Produire durablement les cultures vivrières pour la souveraineté alimentaire n’est pas une option. C’est un impératif stratégique pour la sécurité alimentaire, la stabilité sociale et l’amélioration de notre balance des paiements », a insisté le responsable des Productions vivrières.
Au-delà du constat, Bernard Kini Comoé a surtout voulu démontrer que le vivrier constitue aujourd’hui l’un des principaux réservoirs d’emplois et de création de richesse pour la jeunesse ivoirienne. Malgré les difficultés persistantes liées à la faible mécanisation, au déficit d’infrastructures de stockage, à l’accès limité aux financements ou encore à la qualité des intrants agricoles, le secteur présente, selon lui, des perspectives considérables.
Le conférencier a ainsi mis en avant les nombreuses opportunités qu’offrent les chaînes de valeur du riz, du manioc, du maïs, de la banane plantain, de l’igname et des cultures maraîchères. De la production à la transformation industrielle, en passant par la logistique, le conditionnement et la commercialisation, il a invité les jeunes diplômés à investir un espace économique en pleine expansion, porté notamment par la croissance urbaine et l’évolution des habitudes de consommation.
Dans cette dynamique, le gouvernement entend accélérer la modernisation du secteur à travers dix grands axes d’intervention inscrits dans le Plan national de développement (PND) 2026-2030. Il s’agit notamment de promouvoir l’investissement privé dans les complexes agro-industriels, de renforcer l’innovation agricole, de faciliter l’accès à l’eau et aux intrants de qualité, d’accélérer la mécanisation et d’améliorer les mécanismes de financement destinés aux producteurs et aux entrepreneurs agricoles.
Le représentant du gouvernement chargé des Productions vivrières a par ailleurs mis en lumière les résultats enregistrés par le Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Vivrières (PDC2V), financé avec l’appui de la Banque mondiale. A ce jour, 1 121 sous-projets ont bénéficié de financements estimés à 23,1 milliards de FCFA, dont plus de 18 milliards octroyés sous forme de subventions directes.
Ces appuis ont permis l’émergence de nombreux entrepreneurs agricoles à travers le pays. Des expériences de producteurs maraîchers à Bingerville et Sinfra, de transformatrices de manioc à Daloa et Ayamé, ou encore d’actrices de la filière attiéké à Bonoua et Alépé, ont été présentées comme des exemples concrets de réussite et de création de valeur dans le vivrier.
S’adressant directement aux diplômés de l’ESA, Bernard Kini Comoé les a exhortés à dépasser le modèle classique de recherche d’emplois administratifs pour devenir des acteurs de transformation économique. « Vous avez la science, vous avez les outils, vous avez la légitimité. Le sous-secteur vivrier a besoin de vous, non pas seulement comme techniciens au service de l’administration, mais comme entrepreneurs, innovateurs et bâtisseurs de valeur », a-t-il déclaré.
A travers cette conférence, le gouvernement ivoirien aura surtout voulu envoyer un signal clair : la bataille de la souveraineté alimentaire se jouera désormais sur la capacité du pays à former, accompagner et financer une nouvelle génération d’agronomes entrepreneurs capables de faire du vivrier un puissant moteur de croissance, d’emplois et de stabilité économique.
Sercom
commentaires