| 10.06.2025 |
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Parlementaire au sein de plusieurs assemblées, secrétaire général du PDCI-RDA, il est vice-Premier ministre chargé de l'Intérieur du premier gouvernement de la République de Côte d'Ivoire avant l'indépendance, puis il est tour à tour ambassadeur en Israël, ministre de l'Agriculture et ministre d'État chargé de la Santé.
Il effectue sa scolarité à Grand-Bassam et à l'École primaire supérieur de Bingerville, puis il étudie à l'École normale William-Ponty de Dakar au Sénégal et enfin à l'École de médecine de l'AOF de cette même ville, d'où il sort diplômé en pharmacie en 1935.
Militant du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) dès sa création en 1946, Jean-Baptiste Mockey est conseiller général de 1947 à 1951. Chef de file de l'aile radicale du PDCI, il s'attelle notamment au dossier de la spéculation foncière en Côte d'Ivoire. Sa femme Thérèse Adjeiba Accouba Akegnan, notable Nzema Kotoko de Grand-Bassam est également une militante du PDCI-RDA
Le 6 février 1949, à Treichville, lors d'une conférence organisée par un opposant au PDCI soutenu par l'administration coloniale, des militants du PDCI et du Bloc démocratique éburnéen s'affrontent, faisant un mort et plusieurs blessés. Huit cadres du PDCI sont alors arrêtés et conduits à la prison de Grand-Bassam, dont les conseillers généraux Jean-Baptiste Mockey et Albert Paraiso, et entre autres Mathieu Ekra. Ces arrestations déclenchent des manifestations de protestation marquées surtout par le boycott des produits français.
Jean-Baptiste Mockey est poursuivi pour sédition, trouble à l'ordre public, complicité de violences, pillage en bande organisé et propagande d'une doctrine inféodée à l'étranger (communiste). A l'issue du procès des huit cadres, il est condamné à 5 ans de prison par le tribunal de Grand-Bassam en mars 1950. Mais l'instruction ayant donné lieu à de nombreuses irrégularités, la Cour de cassation annule le jugement en juin 1951. Il est jugé de nouveau en avril 1953 par la cour d'assises d'Abidjan et finalement acquitté.
En 1956, il devient secrétaire administratif du PDCI-RDA, dont il est déjà vice-président de la commission permanente. En 1956 et 1957, Jean-Baptiste Mockey se rapproche de Félix Houphouët-Boigny alors ministre du gouvernement français et devient son chef de secrétariat. Dans le même temps, il ouvre sa propre officine de pharmacie à Treichville. Il est également élu premier maire de la ville de Grand-Bassam en 1956, première commune de plein exercice de Côte d'Ivoire.
Le 30 avril 1959, Félix Houphouët-Boigny, tout juste investi Premier ministre par l'Assemblée législative ivoirienne, nomme Jean-Baptiste Mockey vice-Premier ministre du gouvernement, chargé du ministère de l'intérieur.
À la fin juillet 1959, après la découverte de fétiches (une tête d'un chat avec une corne de bœuf dans sa gueule) dans la résidence de Félix Houphouët-Boigny à Yamoussoukro et dans ses valises, celui-ci convoque Jean-Baptiste Mockey alors à Paris. Rentré à Abidjan le 11 août, Jean-Baptiste Mockey est soupçonné d'en être à l'origine. Il lui est également reproché d'entretenir des relations épistolaires avec Keita Fodeba, ministre de l'Intérieur de la Guinée – qui a refusé de rejoindre la Communauté en 1958 – pour préparer un complot.
Tombé en disgrâce, le 13 janvier 1961, Jean-Baptiste Mockey est nommé ambassadeur de Côte d'Ivoire en Israël. Il remet ses lettres de créance le 2 septembre 1961, et l'ambassade ivoirienne ouvre ses locaux à Jérusalem.
Le 29 janvier 1963, Félix Houphouët-Boigny le rappelle pour présider la Cour de sûreté de l'État, nouvellement créée et chargée de juger 85 personnalités politiques, proches ou impliqués dans la Jeunesse du RDA section Côte d'Ivoire (JRDACI), accusées de complot envers le chef de l'État ; dont les ministres et secrétaires de la JRDACI Amadou Koné, Joachim Bony et Charles Donwahi.
Le 15 février 1963, Jean-Baptiste Mockey est nommé ministre de l'Agriculture et de la Coopération, laissé vacant par l'arrestation de Charles Donwahi. Il dirige la délégation de Côte d'Ivoire pour la conférence créant la Banque africaine de développement (BAD) du 31 juillet au 4 août 1963 à Khartoum. Lors de la conférence, il défend la candidature de la ville d'Abidjan pour accueillir le siège de la BAD.
Jean-Baptiste Mockey meurt à 65 ans le 29 janvier 1981, au CHU de Treichville, à la suite des blessures occasionnées lors d'un grave accident de la route sur la route reliant Grand-Bassam à Abidjan.
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