| animale/halieutique | 05-06-2023 | 399 |
Le démarrage de toute activité est déterminant pour sa réussite. En aviculture en général et en production de poulets de chair en particulier, cela s’avère encore plus vrai.
En effet, avec l’évolution de la génétique, le temps nécessaire pour « sortir » une bande de poulets de chair s’est considérablement réduit.
Ainsi, d’environ 2 mois pour avoir 2 Kg de poids vif dans les années 1990, nous sommes désormais à environ un mois. On a donc gagné un jour par an sur les 30 dernières années.
On se retrouve donc dans une situation comparable à une course de vitesse de 100 m où le départ est la clé de réussite pour la victoire finale.
En production d’œufs, la génétique a aussi connu d’importants progrès au point où une pondeuse peut produire plus de 400 œufs pendant sa carrière.
Le démarrage dont il est question ici concerne la première semaine de vie des poussins. Nous allons la présenter en trois étapes à savoir avant l’arrivée des poussins, à l’arrivée des poussins et après l’arrivée des poussins.
Avant de présenter ces 3 étapes, nous allons d’abord statuer sur la qualité de la matière sur laquelle l’activité est conduite, à savoir le poussin.
La qualité du poussin
La qualité du poussin peut s’apprécier à 3 niveaux différents : morphologique, bactériologique et immunologique.
Qualité morphologique
Tout éleveur doit, à la réception de ses poussins, vérifier la poids, la cicatrisation de l’ombilic, mobilité ou vivacité des sujets, d’éventuels malformations, l’homogénéité du lot.
Qualité bactériologique
Avec l’avènement de différents laboratoires d’analyses vétérinaires, il est fortement recommandé de faire des analyses sur des poussins d’un jour pour un dépistage de contaminants biologiques à savoir E.Coli, Salmonella, Mycoplasma, Staphylococcus, Streptococcus, Corynebacterium, Aspergillus,…
Ces analyses préalables peuvent permettre, non seulement d’être situé sur le statut sanitaire des poussins reçus mais également de choisir les nécessaires au démarrage en connaissance de cause plutôt que de prendre au hasard des produits dits « anti-stress » contenant des multiples vitamines antibiotiques parfois à de petites concentrations techniquement sans effet avec le risque de développer des résistances contre ces molécules.
Statut immunologique
Dans certains cas (surtout pour la maladie de Gumboro), il est nécessaire de faire de la sérologie sur des poussins d’un jour, déterminer le taux d’anticorps d’origine maternel (AOM) afin d’affiner le programme vaccinal à cause de l’interférence qu’il peut avoir entre ces AOM et la souche vaccinale.
C’est donc au regard de cette difficulté et celle liée à la mauvaise pratique de la vaccination à la ferme qu’il est de plus en plus question de poussins vaccinés au couvoir. Quels intérêts de cette nouvelle approche ?
Intérêt de la vaccination des poussins au couvoir
• L’environnement d’un bon couvoir est généralement très bien contrôlé
• Les microbes (virus, bactéries…) sont déjà présents dans la ferme avant l’ »arrivée des poussins à cause de l’insuffisance des mesures de biosécurité mises en place et du non-respect au délai minimum de vide sanitaire
• Les souches sauvages ont une capacité de contagiosité/infectiosité plus rapides que les souches vaccinales
• Il y a une meilleure maîtrise ou contrôle du personnel réduit et dédié à la vaccination au couvoir contrairement au nombre élevé de vaccinateurs dans les fermes.
• Il existe désormais de nouveaux vaccins innovants adaptés pour les couvoirs et qui échappent aux problèmes liés aux interférences avec les anticorps d’origine maternelle.
• On observe sur le terrain de nombreux points critiques pour la réalisation d’une bonne vaccination à la ferme : respect et maintien de la chaîne de froid (conservation), bonne préparation des vaccins, quantité et la qualité de l’eau, mouvement des sujets pendant la vaccination, durée d’assoiffement, durée d’abreuvement, matériel de nébulisation, technique d’évaluation ou de contrôle de la vaccination (chaque animal a-t-il reçu sa dose ?), hétérogénéité des anticorps d’origine maternelle, date de vaccination, réactions post vaccinales, indisponibilité des flacons adaptés (surtout pour les petites bandes), etc.
Facteurs d’influence de la qualité des poussins
Les différents niveaux de qualité des poussins peuvent être impactés par l’origine des œufs à couver (OAC) à savoir les reproducteurs dont sont issus ces OAC et la provenance des poussins, à savoir le couvoir d’où ils proviennent.
Ainsi, on s’assurera pour les reproducteurs, de la souche, de l’état sanitaire et immunologique et pour les couvoirs, de la qualité de l’éclosion, des critères et de la qualité du tri, le stockage, le chargement, etc. a cela s’ajoute la qualité du transport, c’est-à-dire la qualité du camion, du camionneur, l’état de la route et la distance à parcourir, etc.
Evariste N’GUESSAN
Source : La Lettre Avicole Nº38
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