| vegetale | 24.06.2026 | 999 |
Dans son allocution d’ouverture des travaux, le Directeur général du Conseil Coton Anacarde Karité, M. Mamadou Berté a relevé les performances réalisées en 2025. Notamment la production nationale de noix brutes passée à plus de 1,5 millions de tonnes, dont 659 000 tonnes soit 43% transformées localement. Dans la même veine, il a noté également un rythme soutenu d’installation d’unités de transformation qui porte aujourd’hui à plus de 830 000 tonnes la capacité annuelle de transformation locale.
Malgré ces avancées significatives enregistrées au cours de ces dernières années, la filière demeure confrontée, selon son premier responsable, à d’importants défis qui appellent la mise en œuvre de solutions innovantes, durables et adaptées aux réalités du secteur. La préservation du potentiel de production, la protection des ressources naturelles ainsi que la sécurisation des revenus des acteurs, en particulier des producteurs constituent, toujours selon M. Berté, des enjeux stratégiques majeurs.
Dans ce contexte, Mamadou Berté estime que le développement de l’agroforesterie dans les vergers d’anacardiers apparaît comme l’une des réponses adaptées aux effets du changement climatique. « Au-delà de ses avantages agronomiques et environnementaux, cette approche offre des perspectives de valorisation du carbone séquestré. Elle ouvre ainsi de nouvelles opportunités de financement et renforce la contribution de la filière aux objectifs de développement durable », a-t-il indiqué.
Pour relever ces défis, le Conseil Coton Anacarde Karité a identifié cinq axes d’intervention. A savoir, la valorisation de la biomasse que constitue le verger par l’estimation de sa capacité de séquestration du carbone ; le développement de l’utilisation des technologies des énergies renouvelables ; la gestion durable des déchets ; la mise en œuvre d’actions appropriées d’atténuation et d’adaptation et la mise en œuvre de mesures de lutte contre la dégradation du verger et la restauration des sols dans les zones arides et semi-arides.
La construction du Centre de Valorisation des Coques (CVC) de cajou à Yamoussoukro, a-t-il fait savoir, illustre cette volonté d’intégrer bioénergie et économie circulaire dans la filière.
Mamadou Berté a ensuite lancé en appel à l’engagement collectif. « En conjuguant nos efforts, nous poserons les bases des filières agricoles plus performantes, compétitives et durables, capables de garantir des revenus décents aux producteurs et de contribuer au développement de notre pays », a-t-il déclaré.
Pour sa part, Mme Mélanie Ahoba, représentant la Banque mondiale, a rappelé que l’étude conduite avec Nitidae met en lumière des opportunités concrètes de financement carbone. Parmi elles, la production et l’utilisation de biochar issu des coques de cajou apparaissent particulièrement prometteuses.
Pour elle, cette solution présente un double intérêt : transformer un sous-produit peu exploité en ressource à forte valeur ajoutée et contribuer à la séquestration durable du carbone tout en améliorant la fertilité des sols.
« Ce travail nous montre qu’il est possible de concilier compétitivité économique, création de valeur locale et action climatique », a-t-elle souligné.
Plus spécifiquement, rappelons que l’atelier a permis de renforcer l’adhésion des acteurs et experts de la filière aux mécanismes de financement carbone, d’améliorer leur compréhension des principes fondamentaux régissant les projets carbones, notamment l’additionnalité, la permanence et la maîtrise des risques de fuites, et de jeter les bases d’une stratégie de valorisation du potentiel carbone de la filière anacarde en Côte d’Ivoire.
BB
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