Ressources Animales et Halieutiques : Ces défis qui attendent le ministre Sidi Touré

Twitter Linkedin email whatsapp Facebook
animale/halieutique 23.01.2025 357

« Faire le bilan non seulement des activités 2024 du Ministère, mais aussi dégager les perspectives 2025 et renforcer la saine émulation entre les agents ». Tel était l’objectif général du séminaire-bilan organisé récemment par le Ministère des Ressources Animales et Halieutiques (MIRAH) à Yamoussoukro.

Le Ministère des Ressources Animales et Halieutiques (MIRAH) à l’instar de tous les Départements Ministériels du Gouvernement a l’ambition de jouer sa partition dans la réalisation du Plan National de Développement (PND) 2021-2025. Ce plan tel qu’élaboré s’inscrit dans la vision du Président de la République, SEM Alassane OUATTARA qui est de bâtir « Une Côte d’Ivoire Solidaire ». Pour se faire, le MIRAH a élaboré la Politique Nationale de Développement de l’Elevage, de la Pêche et de l’Aquaculture (PONADEPA) 2022-2026 qui est la déclinaison sectorielle du PND et du Programme Nationale d’Investissement Agricole deuxième génération (PNIA II). La PONADEPA comprend cinq (05) stratégies opérationnelles qui traduisent les grandes orientations et stratégies de ces politiques nationales ainsi que la volonté du Gouvernement de faire du secteur des ressources animales et halieutiques, une source de croissance économique à l’horizon 2025. La PONADEPA dont l’ambition est d’améliorer la productivité et la compétitivité des filières animales et halieutiques, a mobilisé pour sa mise en œuvre l’ensemble du personnel du MIRAH pendant trois (03) années entières. Il convient alors de créer un cadre d’échanges pour évaluer l’état d’exécution des actions programmées et définir de nouvelles directives pour l’avenir. 

Le ministre Sidi Touré à l’heure du bilan

Présent à la cérémonie d’ouverture de la 4ème édition de la Conférence des Services Extérieurs du Ministère des Ressources Animales et Halieutiques, le ministre Sidi Tiémoko Touré a révélé que dans le secteur des ressources halieutiques, ses services ont élaboré et validé d’importants arrêtés, notamment celui portant sur les modalités de recensement et d’immatriculation des embarcations artisanales maritimes de pêche, ainsi que celui encadrant les conditions d’acquisition, d’installation et de fonctionnement du système de suivi satellitaire adapté aux embarcations de pêche artisanale. De plus, dans le cadre du repos biologique institué depuis deux ans déjà, « nous avons, en 2024, procédé à la signature d’un arrêté interministériel instaurant la fermeture saisonnière de la pêche dans les eaux continentales et maritimes. Cette réforme permettra à terme d’assurer une gestion rationnelle et durable des ressources halieutiques, tout en garantissant la disponibilité des produits de pêche pour les générations futures », a-t-il ajouté. Pour ce qui concerne des ressources animales, le ministre Sidi a précisé qu’un projet de loi portant sur l’Alliance pour le Biodigesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre et un décret fixant les règles générales d’identification des animaux, des propriétaires et des locaux ont été adoptés. « Cette avancée s’inscrit dans notre engagement à renforcer la préservation de l’environnement et à améliorer le suivi et la traçabilité du cheptel national ». Face à l’essor rapide de nos filières, il est impératif selon le ministre que les acteurs puissent s’organiser efficacement. Ainsi, 2 062 acteurs ont été sensibilisés à l’esprit coopératif. Par ailleurs, « nous avons œuvré en étroite collaboration avec les acteurs pour structurer nos filières en organisations interprofessionnelles solides ». À ce titre, cinq (05) dossiers de reconnaissance des interprofessions ont été soumis au Secrétariat Général du Gouvernement à savoir les filières Gros ruminants, Petits ruminants, Porc, Pêche et Aquaculture. « Ces réalisations témoignent de notre engagement à structurer et à moderniser nos filières, pour une croissance durable et inclusive du secteur des ressources animales et halieutiques », a précisé le ministre. Les statistiques jouent un rôle clé dans l’élaboration des stratégies de développement. C’est pourquoi ledit ministère a initié la conception du Système d’Informations Statistiques du secteur des ressources animales et halieutiques (SISRAH). À ce jour, la plateforme SISRAH a été conçue et son opérationnalisation est prévu pour cette année. Plusieurs foires et salons auxquels ont pris part le MIRHA ont permis inéluctablement de faire la promotion du Ministère et des différents acteurs.

Le développement des productions animales, une priorité

Le développement des productions animales demeure une priorité. Il y a deux ans, le MIRAH a lancé l’une des réformes majeures du ministère à savoir l’identification des animaux. « Aujourd’hui, nous sommes fiers d’annoncer que la plateforme numérique de gestion de l’identification a été développée, le manuel d’identification élaboré, 33 agents ont été formés et les procédures d’acquisition du matériel d’identification ont été lancées », s’est-il réjoui. La formation est un levier essentiel pour le développement des filières. En 2024, 427 acteurs ont vu leurs capacités renforcées sur les techniques d’élevage, la production d’aliments et la gestion d’exploitation dans les filières gros ruminants, petits ruminants, lait et élevage en développement. Plusieurs infrastructures de production et de transhumance ont également été créées et renforcées. C’est le cas notamment de la délimitation et le balisage de 20 km de parcours à bétail, la construction et la réhabilitation de cinq (05) parcs de nuit pour animaux, la mise en place de 145,9 ha de parcelles fourragères. 

Le développement durable des pêches

Le développement durable des pêches a été marqué par plusieurs actions importantes entreprises au cours de l’année 2024. Ainsi, pour l’année écoulée, deux zones d’application ont été définies. La Zone A pour la pêche maritime et la Zone B pour la pêche continentale. Pour la Zone A, les unités de pêche artisanale maritime ont observé une fermeture intégrale d’un mois, qui s’étendait sur la période allant du 1er au 31 juillet 2024. En ce qui concerne les unités de pêche semi-industrielle, la fermeture a été instituée pour toutes les espèces autres que le thon pour une durée de deux (02) mois allant du 1er juillet au 31 août 2024. Au niveau de la pêche lagunaire notamment les lagunes Aby et de Grand-Lahou, l’interdiction de pêche a été établie du 1er juillet au 31 août 2024, soit une période de deux (02) mois. Concernant, la zone B, il s’agit de plans d’eau continentale notamment les lacs de Kossou et de Buyo. Il a été procédé à la suspension des activités de pêche du 1er septembre au 31 octobre 2024. Ainsi, pour s’assurer du respect de l’application du repos biologique par les acteurs, il a été élaboré le plan de surveillance sur le repos biologique et des missions ont été effectuées dans les zones cibles du 15 au 23 septembre 2024. En août 2024, il a été constaté une augmentation de la production de la pêche artisanale maritime de 20% par rapport à 2023 sur la même période, soit une augmentation de 5 626 tonnes. « Tout cela n’aurait pu se faire sans un dispositif adéquat de surveillance. En plus des vedettes acquises en 2023, nous avons acquis deux drones de surveillance des pêches en eaux continentales afin d’accentuer la surveillance de nos plans d’eau », a ajouté le ministre Sidi. 

Des appuis acquis et octroyés aux acteurs

Afin d’aider les acteurs à opérationnaliser leurs activités, plusieurs appuis ont été acquis et octroyés aux acteurs. Ce sont : onze (11) tricycles de commercialisation des produits halieutiques, six (06) kiosques de vente de surimi et d'autres produits halieutiques, treize (13) fours FTT ont été construits et réhabilités. Aussi, pour accentuer la formation de la production du surimi et l’étendre à un grand nombre, un bâtiment complémentaire a été construit au Centre Surumi avec l’appui de l’ONG UMI-NO KUNI. Dans sa politique de maitrise de la flotte artisanale, en 2024, le logiciel de recensement et d’immatriculation et de suivi des embarcations artisanales maritimes a aussi été acquis. La stratégie de développement telle que définie dans la PONADEPA donne une place importante à l’aquaculture pour l’approvisionnement des marchés en produits halieutiques. Ainsi, de nombreux efforts ont été consenti afin de réduire la dépendance aux importations et accroître la production nationale qui a connu un bon significatif passant de 4 500 à 8 467 tonnes. Ainsi, pour l’année 2024, le secteur aquacole a été marqué par la production et la distribution de 3 141 805 alevins qui ont été distribué à plus 531 pisciculteurs et deux (02) plans d’eau ont été empoissonnés. Dans le cadre du renforcement de capacités des acteurs, 890 acteurs de la filière ont bénéficié de formations sur les techniques de production, de conservation et de commercialisation de produits halieutiques. En outre, le MIRAH a procédé à l’équipement des acteurs en divers matériels, ce sont 56 cages flottantes et fixes qui ont été distribués à plus de 41 pisciculteurs, quinze (15) points de ventes de poissons d’élevage ont été installés, dix (10) glacières améliorées fabriquées et 6 balances achetées pour l’équipement de six (6) coopératives de 405 membres. 

Des campagnes de vaccination effectuées

Le MIRAH a été confrontés à une résurgence de la Peste Porcine Africaine (PPA). Grâce à l’efficacité de ses services, le MIRAH a réussi à circonscrit l’avancée de la maladie qui a cependant décimé plus de 100 000 porcs d’élevage. A cet effet, il a transmis à l’OMSA, 04 notifications immédiates d’épizooties de Peste Porcine Africaine au cours de l’année passée. A contrario de cette énorme perte, on dénote de nombreuses avancées notables. Dans le cadre du renforcement de la biosécurité et de l’amélioration de la couverture vaccinale, plusieurs campagnes de vaccination contre les principales maladies ont été effectuées. Ces campagnes ont permis d’assurer la vaccination de 203 222 animaux de compagnies contre la rage, de 256 800 ovins et caprins contre la PPR, de 5 317 lapins contre la MHL et de 745 450 bovins contre la PPCB et le charbon bactéridien. Toujours selon le ministre, ses services ont aussi travaillé pour renforcer la surveillance sanitaire à travers la formation 91 agents sur la surveillance active dans l’avifaune, la préparation et la gestion de crise d’influenza aviaire, sur la biosécurité et approche Une Seule Santé, etc. De plus, 312 leaders communautaires, des guides religieux et des Chefs de village autour des parcs et réserves ont été également sensibilisés. Les actions menées ont permis de procéder à la saisie de 328 volailles et la destruction de 26 cages dans le cadre de la lutte contre la vente illicite de volailles. En lien avec les partenaires, le MIRAH a participé à la journée de lutte contre la rage qui a eu un franc succès auprès des populations. En effet, 3 578 élèves et 50 leaders communautaires ont été sensibilisés. Également, 100 enseignants et agents de santé ont été formés et 2 000 animaux ont été vaccinés contre la rage.

Des défis à relever 

« Notre ambition est claire : renforcer durablement nos filières animales et halieutiques afin de garantir la sécurité alimentaire de notre pays, améliorer les revenus des acteurs du secteur et assurer une gestion durable de nos ressources », a indiqué le ministre Sidi. Pour lui, l’année 2025 sera marquée par une série d’initiatives reposant sur cinq (05) principes à savoir : (i) la consolidation des acquis ; (ii) l’extension des succès et des bonnes pratiques ; (iii) la sauvegarde de l’environnement et de la biodiversité ; (iv) l’accélération de la souveraineté alimentaire en produits animaux et halieutiques et (v) la promotion du Partenariat Public-Privé visant à moderniser, professionnaliser et sécuriser l’ensemble du secteur des ressources animales et halieutiques. Il estime que l’une des actions majeures pour 2025 sera de poursuivre l’initiative lancée pour l’identification des animaux. Le logiciel conçu en 2024 a permis de poser les premières pierres de ce système de traçabilité, et « nous prévoyons cette année d’identifier 20 000 bovins et 5 000 animaux de compagnie ». Cette initiative permettra toujours selon le ministre de réduire considérablement les vols d’animaux et de garantir un suivi plus rigoureux du cheptel national. Cela contribuera également à l’amélioration de la qualité des données, facilitant ainsi les prises de décision et les interventions en matière de sécurité alimentaire et de gestion des risques sanitaires.

La reconnaissance officielle de cinq OIA

Le MIRAH a aussi, avec l’ensemble des acteurs, initié la reconnaissance officielle de cinq (05) OIA. « Nous y mettrons un accent particulier afin de structurer les chaînes de valeur, améliorer la compétitivité des acteurs et garantir un développement résilient du secteur des ressources animales et halieutiques », a promis le ministre Sidi. Afin de stimuler l’investissement et le développement des secteurs de la production animale et halieutique, le MIRAH envisage la mise en place de mesures réglementaires permettant l’exonération des taxes sur les produits et équipements liés au secteur. Ces mesures visent à alléger les charges financières des producteurs, améliorer la compétitivité du secteur et encourager l’innovation, tout en facilitant l’accès aux ressources nécessaires pour les acteurs de la chaîne de valeur.

Identification et sécurisation des zones aqua-cultivables

L’aquaculture constitue une réponse stratégique aux défis de la sécurité alimentaire et de la durabilité des ressources halieutiques. En 2025, le MIRAH entend mettre un accent particulier sur l’identification et la sécurisation des zones aqua-cultivables. Ces zones bénéficieront de mesures adaptées pour protéger l’environnement, garantir une gestion durable des ressources et promouvoir un développement harmonieux de la production aquacole. L’aquaculture marine, en particulier, sera au cœur des priorités dudit ministère. « Nous comptons intensifier nos efforts pour en faire un secteur clé de la production halieutique nationale », a promis le ministre Sidi qui annonce dans la même veine le renforcement de la gestion durable des ressources halieutiques par l’extension de la fermeture saisonnière des pêches à l’ensemble des plans d’eau. « Nous accroîtrons également la surveillance des plans d’eau afin d’observer scrupuleusement la période de repos biologique. Cela est indispensable pour permettre aux ressources de se regénérer et permettre à nos populations d’y avoir accès de façon durable », a-t-il ajouté. Pour garantir une gestion efficace des activités de pêche, le MIRAH entend poursuivre l’immatriculation des embarcations de pêche artisanale. Ce qui permettra non seulement de mieux connaître et encadrer les acteurs du secteur, mais aussi de renforcer la sécurité sur les plans d’eau et de faciliter le suivi des pêches à des fins de régulation. L’amélioration des infrastructures constitue un levier essentiel pour garantir la qualité, la traçabilité et la compétitivité des produits d’origine animale. 

Vers la création de l’Institut National de Santé Publique Vétérinaire (INSPV)

En partenariat avec la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC), le MIRAH engage en 2025 la création de l’Institut National de Santé Publique Vétérinaire (INSPV). Cet institut renforcera la surveillance épidémiologique et la recherche en santé animale, contribuant ainsi à l’amélioration du contrôle sanitaire et à la prévention des zoonoses. « Dans le même élan, nous poursuivrons la modernisation des infrastructures de transformation avec la construction du complexe Abattoir-Marché à Bétail d’Anyama et de trois (03) nouveaux abattoirs régionaux mais aussi de six (06) abattoirs de volailles modernes. Ces infrastructures permettront d’améliorer les conditions sanitaires et de structurer les circuits de commercialisation », annonce le ministre Sidi. Dans la continuité de ses actions, le Ministère intensifiera les efforts pour améliorer la couverture vaccinale du cheptel national et renforcer la lutte contre les maladies animales. Des campagnes de vaccination ciblées seront menées, notamment contre les maladies prioritaires. « Les deux dernières actions majeures qui seront mises en œuvre cette année sont relatives à la sécurité sanitaire des denrées animales et d’origine animale. En effet, les contrôles et inspections seront renforcés afin d’assurer aux populations, des aliments de qualité. Mais aussi, la surveillance épidémiologique sera également renforcée à travers l’OCI-SV et de la COU-SPV. Ces dispositifs permettront une détection précoce des foyers de maladies, une réactivité accrue face aux urgences sanitaires et une meilleure protection des cheptels et des consommateurs », annonce le ministre. 

Evariste N’Guessan

commentaires

La Tribune Agricole (AGRI EVENTS MEDIA)
Abidjan Côte d'Ivoire
la rédaction : 0708182915
service com. : 0708182915

nous suivres

© agri event media sarl edited by - e.d.a.r.i.