| animale/halieutique | 12.01.2025 | 639 |
Selon les documents en notre possession, c’est en effet le 18 septembre 2024 par le courrier 118/2024/DAA/DGST/ym signé de M. Valérie Krapa Boa, que la Direction Générale des Services Techniques du District Autonome d’Abidjan donne une suite favorable à la Fédération Nationale des Coopératives de la Filière Bétail et Viande de Côte d’Ivoire, FENACOFBVI-CI, pour la collecte, l’enlèvement et le traitement des déchets de l’abattoir de Port-Bouët après sa demande par courrier V/Réfé n°2023-002/IVOIRE BIO FERTILE SA/DG du 09/02/2023.
« En retour, après l’examen de votre requête, j’ai le plaisir de porter à votre connaissance que je marque mon accord à votre demande de collecte, d’enlèvement et de traitement des déchets de l’abattoir de Port-Bouët, notamment dans les camions de débarquement des bovins, sur le marché à bétails et à la salle d’abattage » est ainsi libellé le 3e paragraphe dudit courrier du District Autonome d’Abidjan accordant l’autorisation à la Fédération Nationale des Coopératives de la Filière Bétail et Viande de Côte d’Ivoire, FENACOFBVI-CI.
En sus, par la suite, l’ordonnateur de cette autorisation à travers le 4e paragraphe va prendre soin de fixer le coût des opérations à la FENACOFBVI-CI à la somme de 20 000 F CFA en ces termes « Aussi, voudrais-je vous informer que les prestations d’enlèvement de la litière sont fixées à vingt mille (20 000) Francs CFA, par camion au débarquement ». Seulement, juste environ 3 mois après cette autorisation et la fixation du coût, la Fédération Nationale des Coopératives de la Filière Bétail et Viande de Côte d’Ivoire (FENACOFBVI-CI) informe le 30 décembre 2024 par le courrier N° 103/FENACOFBVI-CI/SPCA adressé à Monsieur le directeur Général des Services Techniques du District Autonome d’Abidjan et réceptionné au secrétariat dudit département le même jour comme l’atteste le document en la possession de la Rédaction de La Tribune Agricole, de l’augmentation des frais de déchargement. Désormais, selon ledit courrier « l’application des nouveaux frais de déchargement de la litière au marché à bétail, fixés à trente-cinq mille francs (35 000 F) ». Et si ce courrier informant de la décision de la FENACOFBVI-CI à l’autorité date du 30 décembre 2024, les nouveaux tarifs quant à eux sont déjà en vigueur depuis le 1er décembre de la même année. De 20 000 à 35 000 F CFA, c’est une augmentation de près de 75 % qui a été opérée par la Fédération Nationale des Coopératives de la Filière Bétail et Viande de Côte d’Ivoire dans le cadre de la collecte, l’enlèvement et le traitement des déchets de l’abattoir de Port-Bouët à lui concédé par les services du District Autonome d’Abidjan trois mois en arrière.
Et si la FENACOFBVI-CI tente de justifier cette soudaine augmentation juste après seulement quelques mois par l’augmentation à son niveau des charges opérationnelles, parmi lesquels « le montant mensuel de trois millions de francs (3 000 000 F ) » qui serait versé « à l’ANAGED tous les mois pour la gestion et l’enlèvement de la litière » puis, des dépenses liées à l’entretient des infrastructures et à la manutention qui reviendrait à « six mille cinq cent francs 6500 F CFA par camion », cet acte d’augmentation n’est pas partagé par un bon nombre d’acteurs de la filière agissant à l’abattoir de Port-Bouët. Non seulement, nombreux sont ceux qui se plaignent de ne pas avoir été associé pour la prise de cette décision « cavalière » de la FENACOFBVI-CI qu’ils jugent d’ «unilatérale» mais les acteurs à l’abattoir rétorquent que cette charge supplémentaire « vient alourdir davantage les contraintes qui pèsent » sur les acteurs et « sera de nature à compromettre la rentabilité et la viabilité de leurs activités » comme nous le fait remarquer un responsable d’une association au sein de la filière, par une correspondance reçue par la Rédaction de La Tribune Agricole.
Des noms dont nous tairons expressément et pour l’instant dans cet article nous ont été fournis quant à cette démarche de la FENACOFBVI-CI. Cependant, le feu couve sous cette décision d’augmentation, car, des acteurs entendent protester contre selon leurs dires « cette pratique cavalière » qui ne tient pas compte des nombreuses charges déjà à leur actif puisqu’ils subissent « de plein fouet cette augmentation ». En attendant de pousser loin nos investigations pour comprendre si la FENACOFBVI-CI peut se permettre unilatéralement de prendre de telles décisions en informant simplement la tutelle de l’abattoir et sans associer les autres acteurs parce qu’ayant une autorisation d’exercer dans le cadre des déchets, c’est le lieu d’interpeller les Services en charges de ce secteur de se pencher sur cet autre épisode qui pourrait engendrer d’autres conséquences telle l’augmentation du coût de la viande au détriment des consommateurs si rien n’est fait.
Affaire à suivre
Par Fulgence Wawa Jay
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