| vegetale | 25-10-2023 | 2.31K |
Cette situation, il faut le dire ne devrait pas être vu l’existence d’un mécanisme de fixation des prix connue de tous les acteurs de la filière Palmier à Huile en Côte d’Ivoire. Seulement, tout est parti de la fixation des prix pour le mois d’octobre 2023. Alors que cette fixation est habituellement faite en début de mois, autour du 1er, jusqu’au 10 octobre, les prix d’octobre étaient encore en attentes d’être connus.
En effet, le mécanisme en vigueur à l’Association Interprofessionnelle de la filière Palmier à Huile(AIPH) donnait en réalité, pour ce mois d’octobre les prix de 595 768 F CFA/Tonne pour l’huile de palme brute ex tank et 73 690 F CFA/Tonne pour le régime de palme bord champ.
Evoquant certaines difficultés (nous y reviendrons plus tard), les usiniers ivoiriens, selon nos sources, ont souhaité que la situation pour ce mois d’octobre soit revue. Un avis non partagé par les planteurs. Ainsi, le 10 octobre 2023, le Conseil Hévéa-Palmier à Huile (CHPH), régulateur de la filière, tentera de concilier les bords au fin de trouver un consensus autour de la fixation des prix du mois d’octobre. Les différents collèges de la filière furent convoqués pour cette initiative.
A cette rencontre, selon nos sources, les usiniers à travers leurs deux collèges ont réitéré leur souhait en proposant les prix de 500 000 F CFA/Tonne pour l’huile de palme brute ex tank et 61 555 F FCFA le régime de palme bord champ, ceci pour selon eux leur permettre d’être compétitif sur le marché. Les planteurs, à contrario, ont estimé, au regard du mécanisme de fixation, subir une perte de 16,47% de leurs revenus rejetant ainsi la proposition des usiniers.
Suite à cet échec, le CHPH va par la suite fixer des prix le 11 octobre pour espérer contenter tout le monde et ramener l’accalmie au sein de la filière Palmier à Huile. Ainsi le CHPH par note 0609/CHPH/DG/kam du 11 octobre 2023 a fixé à 555 751 F CFA/Tonne pour l’huile de palme brute ex tank et 67 800 F CFA/Tonne le régime de palme bord champ.
Ces prix selon les documents en notre possession ont même été publiés par l’AIPH à travers une note d’information signée des mains du Président du Conseil d’ Administration. Cette note N° 05 du 12 octobre 2023 relative à la fixation des prix de l’huile de palme brute et des régimes de palme bord reprend les prix fixés par le CHPH, régulateur de la filière comme indiqué plus haut. A ce stade, c’est « un manque à gagner » selon les producteurs au sein de la Fédération Nationale des Sociétés Coopératives et Unions de Sociétés Coopératives de Planteurs de Palmier à Huile de Côte d’Ivoire (FENACOPAH-CI), mais qui disent « accepté ce prix par respect de l’autorité de l’Etat à travers le CHPH ».
Alors que l’on pensait cet épisode fermé et la paix revenue, un autre constat relatif à l’application des prix sera fait sur le terrain. Les prix indiqués plus haut par le CHPH et publiés par l’AIPH ne seraient pas respectés par des usines en divers endroits, dans les zones de productions sur le territoire ivoirien. Constat des planteurs.
Ce nouvel état des faits va pousser la FENACOPAH-CI à déposer un préavis de grève le 19 octobre 2023 après une concertation de ses membres le 17 octobre. Adressé au DG du CHPH sous la référence FENA/CA/DE/KD/DF-044 avec copies, comme le démontre le document reçu, à Monsieur le Premier Ministre ivoirien, Chef du Gouvernement ; à M. le Ministre d’Etat, Ministre de la Défense ; à M. le Ministre d’Etat, Ministre de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières ; à M. le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité et au PCA de l’AIPH puis le commissaire du gouvernement à l’AIPH.
Le préavis de grève signé du Vice-Président de la FENACOPAH-CI, M Assohou Assohou cite nommément la SIPEFCI dont le Directeur Général aurait signé une note de service référencée 02273-10/2023/DG-AAM/SJRH/SR du 12 octobre 2023 pour « informer » les planteurs de l’achat de régime par sa structure au prix de 61 560 FCFA contrairement au prix officiel. Le courrier va plus loin révélant que la SIPEFCI soumet aux planteurs qui accepteraient leur prix à la signature au préalable d’une « reconnaissance irrévocable de vente de produits agricoles ».
Le cas de la SIPEFCI ne serait pas isolé aux dires des planteurs. Selon eux les usines de la PALMCI, DEKEL OIL, PALMAFRIQUE sont également concernées dans cette attitude de non-respect des prix. Ainsi, la FENACOPAH-CI à travers cette grève, a décidé de fermer toutes les voies d’accès aux usines afin d’empêcher les réceptions des régimes de palme provenant des plantations industrielles que villageoises et également empêcher les sorties d’huile de palme brute. Cette menace est rentrée visiblement en vigueur avec les paralysies constatées çà et là dans les zones de production.
Aussi, pendant que de sources bien introduites, on nous informe de la poursuite des négociations au niveau du CHPH, une autre information dont la Rédaction a reçu copie et relative à la réaction de l’AIPH fait état de ce que l’AIPH par le courrier référencé AIPH/PCA/SDHC/se/N°036/10-2023 du 23 octobre adressé au General du Corps d’Armée, Commandant Supérieur de la Gendarmerie National a plutôt sollicitée la Gendarmerie Nationale au fin du rétablissement de l’ordre public selon ses termes. Les arguments avancés par l’interprofession palmier à huile sont entre autre le non-respect par la FENACOPAH-CI des textes régissant les grèves.
Selon ce courrier donc « une grève est la conséquence de l’échec de négociations » ce que la FENACOPAH-CI ne saurait se prévaloir estime l’AIPH.
Les localités pointées du doigt dans la requête de l’AIPH auprès de la gendarmerie pour « le rétablissement de l’ordre » sont Soubré, San Pedro, Grand Lahou, Sassandra, Aboisso, Divo, Tabou, Guitry et Fresco.
Affaire à suivre !
Par Fulgence Wawa Jay
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