| vegetale | 02-10-2023 | 489 |
« Contribuer à renforcer le sujet de la responsabilité sociale d’entreprise (RSE) dans le secteur d’anacarde en Côte d’Ivoire et de rendre visible la démarche et les impacts de la collaboration entre le Conseil du Coton et de l’Anacarde et le CBI ». Tel est l’objectif général d’une session de présentation de la collaboration entre les deux partenaires et ses réalisations au profit du secteur et des unités de transformation au tour de la thématique : “Industrie ivoirienne du cajou : Chemin vers une amande responsable”. Cette session s’est déroulée le samedi 30 septembre sur le site du SARA 2023 (Parc des Expositions d’Abidjan).
Depuis la réforme de la filière anacarde en 2013, la Côte d’Ivoire s’est résolument engagée dans l’accroissement de la transformation locale des produits brutes de l’anacarde avec un accent particulier sur les noix brutes. La transformation locale apparaît comme un enjeu pour la consommation d’au moins une partir de la production de noix brute de cajou en croissance continue. Elle est passée de 165 000 tonnes en 2005 à 1 000 000 tonnes en 2022.
Ainsi, d’importantes mesures incitatives ont été prises et sont mises en œuvre par le Conseil du Coton et de l’Anacarde. Des résultats très encourageants ont été enregistrés. Le nombre d’opérateurs est passé d’à peine une dizaine à plus de la trentaine entraînant une augmentation de la capacité de transformation de moins de 60 000 tonnes en 2012 à plus de 350 000 tonnes en 2022. Le volume de noix brutes transformées localement est passée de 40 000 tonnes en 2012 à 224 000 tonnes en 2022, faisant de la Côte d’Ivoire, le troisième transformateur mondial.
Conscient des enjeux que révèlent la conquête d’un marché des amandes de cajou traditionnellement dominé par l’Inde et le Vietnam et ayant des exigences particulières, le Conseil du Coton et de l’Anacarde met un point d’honneur sur les questions de certification, en s’appuyant sur des partenariats et des expertises extérieures.
C’est dans ce sens qu’intervient le Centre Néerlandais de Promotion des Importations à partir des pays en développement (CBI), qui met à la disposition de la filière des Experts pour une assistance technique sur les équipements de transformation ainsi que la prise en compte des principaux certificats exigées sur les marchés européens.
CBI a travaillé avec les acteurs sur la Responsabilité Sociale d’Entreprise (RSE) dans le secteur de la noix de cajou en Côte d’Ivoire, prenant en compte le fait que du point de vue des clients, la demande d’audit SMETA et ISO 26000 est devenue plus fréquente vis-à-vis des transformateurs.
Ainsi le CBI a développé un outil RSE spécifique pour le secteur de transformation de cajou, qui a été appliqué à un échantillon d’unités volontaires en faisant des analyses et des plans d’actions RSE. L’outil leur est apparu approprié pour préparer les documents de politique. De plus, il rend explicites sur le plan pratique et détaillé les pratiques conformes à la RSE et les actions suggérées à entreprendre. De cette façon, l’outil RSE a été pratiqué et apprécié par les transformateurs.
L’outil permet un inventaire global des sujets RSE et une comparaison entre usines pour créer les conditions d’un dialogue constructif et des partages d’expérience entre les acteurs. Les échanges entre le Conseil du Coton et de l’Anacarde et le CBI ont permis de cerner une vision sur la RSE, qui doit faire partie du label de l’amande de cajou ivoirien. Ainsi, il est important que le périmètre de la RSE fasse l’objet d’un langage commun et d’une approche intégrée dans l’appréciation des unités de transformation et dans le secteur d’anacarde.
Démarche de mise en œuvre de la RSE
A cet effet et dans le cadre d’un partenariat, CBI et le Conseil du Coton et de l’Anacarde se sont engagés dans un programme de renforcement des capacités sur la RSE, élargi à toute les unités volontaires.
Ce programme a démarré par un 1er atelier d’imprégnation et formation sur les outils d’auto-diagnostique au profit des Dirigeants et des Responsables Qualité, Hygiène et Sécurité (QHSE) en mars 2022. Au terme de cet atelier, les participants ont convenu de la tenue de séances mensuelles en ligne combinées à un ou deux ateliers annuels de suivi d’application de l’outil à chacune des entités impliquées.
Le second atelier tenu en juillet 2022 a eu la particularité d’enregistrer les témoignages et encouragements d’acheteurs internationaux d’amande de cajou, qui ont contribué à la sensibilisation, à la bonne compréhension et une bonne application de ce sujet. Dans le même sens, à travers une communication, Bureau Veritas, une structure d’audit à la certification, a rassuré les unités de transformation sur l’existence de compétences au niveau national pour les accompagner ou les auditer en vue des principales certifications.
Le 3ème atelier tenu en novembre / décembre 2022 a eu la particularité d’approfondir des aspects techniques concernant l’environnement, notamment la consommation électrique, la sécurité sur le lieu de travail et l’extraction du CNSL. D’autres aspects (tels que le bilan carbone et la traçabilité du produit), initialement prévus, mais le temps restreint n’était pas suffisant, on a laissé ces aspects pour les ateliers en 2023.
Suite à ce 3ème atelier, un programme de la RSE pour 2023 a été convenu entre le Conseil du Coton et de l’Anacarde et le CBI et mis en place. Ce programme tient compte d’une approche qui prend en compte la diversité de l’avancement des différentes unités : on aura un groupe d’entreprise avancé (membre SEDEX et/ou ayant fait un et un groupe ‘démarreurs’ qui travaillent toujours aux éléments de diagnostic et les documents principaux.
Au SIETTA en mars 2023, le Conseil du Coton et de l’Anacarde a organisé un atelier, qui a permis à 4 unités (CASHEW COAST, DORADO, SG AGRO et OLAM) de présenter leur expériences et actions RSE. Le Conseil du Coton et de l’Anacarde a fait ressortir les avancées du secteur de la transformation de l’anacarde en Côte d’Ivoire sur les questions de RSE ainsi que l’importance prise par ces questions dans le commerce mondial.
Le 4ème atelier tenu en juillet 2023 a eu la particularité de scinder le groupe des unités en deux : les débutant et les avancés. Pour les débutants, une lancée a été (re)faite pour l’achèvement du diagnostic jusqu’aux engagement d’enregistrement au SEDEX.
Pour les avancés, on a pu approfondir des aspects techniques concernant l’environnement, notamment la valorisation des coques et le bilan carbone, ainsi que la traçabilité du produit. Les unités ont souhaité être accompagné par un membre de l’équipe dédié sur les différentes étapes. Cet accompagnement doit consister à faire des visites de l’équipe aux unités pour les débutants.
Pour les avancés, ils ont souhaité de continuer les ateliers d’approfondissement et de partage. Au-delà des activités d’appui à la prise en compte des questions liées à la RSE, le partenariat avec CBI inclue la promotion des avancées de la filière en cette matière auprès des administrations publiques et privées et surtout auprès des clients internationaux.
C’est ainsi que des unités de transformation parties prenantes du programme ont invités à participer au SIAL 2023. Dans le même sens, Le Conseil du Coton et de l’Anacarde et CBI considère le SARA 2023 comme une excellente plateforme de présentation des aspects techniques de la RSE avec une visibilité sur ce qui a été atteint dans la collaboration avec CBI. Et cela d’autant plus que les Pays-Bas sont le pays d’honneur du SARA, avec une délégation importante des entreprises de pays attendues ainsi que de hauts responsables de CBI. D’où l’organisation d’une session de présentation de la collaboration entre les deux partenaires et ses réalisations au profit du secteur et des unités de transformation au tour de la thématique : “Industrie ivoirienne du cajou : Chemin vers une amande responsable”.
Présentation de la vision et le projet de promotion d’amandes de cajou
Le public cible composé des acteurs du secteur de cajou, notamment les acheteurs, les commerçants internationaux et nationaux, les autres unités de transformations, les institutions et agences publiques, les coopératives, les structures de recherche et assistance technique, les institutions financières (inter)nationales surtout celles qui financent le secteurs d’anacarde, les structures institutionnelles et régulatrices des autres secteurs / CVAs (telles que le cacao, le caoutchouc, le café, le riz, etc.), les représentants des ambassades et autres organisations internationales a été gratifié par les présentations respectives de Simplice Gue, Directeur du Système d’informations, des études et de la Prospective au Conseil du Coton et de l’Anacarde ; Win Simonse, Consultant programme RSE pour CBI (Centre Nerlandais de Promotion des importations à partir des pays en voie de développement) ; Jessica N’Dri, Directrice juridique et Ressource Humaine à Cashew Coast et Yannick Kongoué, Responsable administratif à FOODS’CO SA.
Ils ont non seulement fait la présentation de la vision et le projet de promotion d’amandes de cajou « traçable, équitable et compatible au carbone » par le Conseil du Coton et de l’Anacarde, mais aussi fait une communication sur la démarche et l’approche de la RSE dans le secteur et l’Intégration de mission et des efforts du Conseil du Coton et de l’Anacarde et du CBI sur la RSE avec les résultats et leçons apprises.
Une communication de deux (2) unités présélectionnées sur leurs offres d’amandes « Traçable, Equitable et Compatible au carbone » a également été appréciée par le public.
Evariste N'Guessan
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