| vegetale | 30-09-2023 | 380 |
Le comité Ouest africain de contrôle des engrais a été installé le mardi 26 septembre 2023, à Abidjan, en présence du Pr. Pascal ANGUI, Directeur général des productions et de la sécurité alimentaire au Ministère d’Etat, Ministère ivoirien de l’Agriculture et du développement rural.
Dans son discours d’ouverture, Ekwé DOSSA, Directeur de la santé des sols et productivité agricole, Représentant la Vice-Présidente Programmes et Projets de l’IFDC s’est réjoui de ce qu’il considère comme “une grande avancée dans la marche vers les objectifs de développement durables d’éradication de la pauvreté et de lutte contre la faim à travers une augmentation quantitative et qualitative de l’utilisation des engrais aussi bien minéraux qu’organiques, dans l’amélioration des stratégies de gestion de la fertilité des sols et d’intensification agricole en Afrique Sub-Saharienne”.
Dans la même veine, il estime que la plupart des sols en Afrique de l’Ouest sont de fertilité initiale faible, de sorte que, sans gestion adéquate de leur fertilité à travers une restitution appropriée des nutriments exportés par les récoltes successives de produits agricoles, ces sols sont voués à des rendement modestes qui, avec le facteur démographique croissant ne pourront pas répondre aux besoins alimentaires des populations. Il a tenu à rappeler que, dans ce contexte déjà précaire, l’utilisation des engrais minéraux reste des plus faibles en Afrique.
“Notre stratégie de recherche de la sécurité alimentaire et nutritionnelle repose d’abord sur l’utilisation d’intrants agricoles de bonne qualité, notamment les semences, les pesticides et les engrais” a soutenu pour sa part, Dr Abdoulaye Mohamadou, Secrétaire Exécutif du CILSS, au nom de la CEDEAO, de l’UEMOA et du CILSS qui de par leur partenariat stratégique, ont décidé de porter sur les fonts baptismaux le Comité Ouest Africain de Contrôle des Engrais (COACE) à travers l’accord tripartite de Coopération dans le domaine des engrais signé en 2018.
Pour lui, en dépit des nombreux efforts consentis pour l’accès des producteurs de la sous-région à ces intrants, les taux d’adoption restent encore faibles. “Pour ce qui concerne les engrais en particulier, notre sous-région présente un des taux d’utilisation les plus faibles de la planète (moins de 30 kg/ha contre 135 kg/ha pour la moyenne mondiale)”.
Pourtant, avec les crises foncières, exacerbées par les changements climatiques et les crises sécuritaires et humanitaires dans la région Sahélienne, Dr Abdoulaye Mohamadou estime qu’il faille pouvoir produire plus sur des espaces de plus en plus restreints. “ Nous sommes conscients que les difficultés d’accès aux engrais de qualité sont essentiellement attribuables à leur disponibilité et leur accessibilité notamment les prix qui ont connu une forte inflation au cours de ces dernières années”, regrette-t-il. “Il nous faut disposer d’engrais de qualité et en quantité suffisante, à des prix accessibles à tous les exploitants agricoles, y compris les petits producteurs de subsistance”, soutient-il.
Pr. Pascal ANGUI, Directeur général des productions et de la sécurité alimentaire au Ministère d’Etat, Ministère ivoirien de l’Agriculture et du développement rural a rassuré ses hôtes quant aux efforts faits pour accroitre la production et la productivité agricole dans la sous-région afin de parvenir à la sécurité alimentaire. Même s’il reconnait que les productions agricoles restent insuffisantes, “d’où la nécessité d’améliorer la production agricole”, a-t-il suggéré.
Rappelons qu’à la suite de la déclaration d’Abuja des chefs d’état et de gouvernement en 2006, il a été observé une tendance à la hausse des quantités d’engrais utilisés à l’hectare en Afrique de l’Ouest, mais cette hausse reste encore bien en dessous des objectifs de 50 kg/ha de nutriments fixés à Abuja. Au-delà de la faible quantité, la qualité parfois douteuse des engrais mis sur le marché est un problème persistant qui affecte négativement le retour sur investissement et décourage les producteurs désireux d’investir dans l’utilisation des engrais.
Les travaux sur l’amélioration de la qualité des engrais à travers la mise au point d’une approche rationnelle de contrôle de la qualité des engrais pilotés par l’IFDC a débuté en 2010 sur initiative de la CEDEAO et de l’UEMOA.
Cette initiative qui a comporté plusieurs étapes (de l’évaluation des capacités et des besoins analytiques, des tests règlementaires et de la situation de la qualité des produits mis sur le marché) a été couronnée par l’adoption à Abidjan le 2 décembre 2012 par le conseil des ministres de la CEDEAO, du règlement relatif au contrôle de la qualité des engrais en Afrique de l’Ouest.
A la suite de cette adoption du règlement du contrôle de la qualité des engrais, la CEDEAO a confié à l’IFDC le mandat de la coordination de la mise en place des comités nationaux de contrôle de la qualité des engrais dans les pays de l’espace CEDEAO-UEMOA-CILSS et le secrétariat Ouest Africain de contrôle de la qualité des engrais.
L’objectif était d’assister les commissions de la CEDEAO et de l’UEMOA et le Secrétariat Exécutif du CILSS dans la mise en œuvre harmonieuse de la règlementation de la qualité des engrais dans les états membres.
Pendant que des avancées notables ont été réalisées dans la mise en place des comités nationaux de contrôle de la qualité des engrais, le secrétariat ouest africain de contrôle des engrais quant à lui a subi plusieurs reports. La table ronde sur la santé des sols et des engrais tenus à Lomé en juin 2023 a été l’occasion de rappeler la nécessité de mettre en place le COACE. Notons que c’est le représentant du Nigéria qui a été choisi pour être à la tête dudit comité.
Evariste N’Guessan
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