| vegetale | 15-11-2024 | 674 |
Un projet d’accord est prévu d’être signé entre l’Union Européenne et les pays d’Amérique du sud lors du sommet du G20 les 18 et 19 novembre 2024 prochains. Cet acte qui n’est autre que le Marché Commun du Sud, en abrégé Mercosur, provoque depuis ce 13 novembre 2024 la colère des agriculteurs européens.
Qu’est-ce que le Mercosur ?
Crée en 1991, le Mercosur est un marché commun néolibéral qui se situe principalement en Amérique du Sud. Il a pour objectif de permettre à ses pays membres de pouvoir exister et rivaliser sur le marché de l’économie mondiale à travers un bloc commercial.
Le Mercosur selon ses concepteurs permettra également à ses membres d’avoir une plus grande influence économique en tant que collectif évitant ainsi les faiblesses de l’individualisme.
En exemple comme le rapporte un confrère CentrePresse.fr qui rapporte une étude, "en 2021, l’Argentine, seule, représentait la 26e plus grande économie du monde en termes de produit intérieur brut total. À titre comparatif, le Mercosur possède la cinquième plus grande économie du monde et pourrait continuer à grandir".
L’enjeu principal au cœur de ce projet est que le Mercosur cherche à passer un accord de libre-échange avec l’Union européenne afin de faire croître davantage ses échanges commerciaux avec l’international.
Pour ce faire, le Mercosur regroupe plusieurs pays. Certains qui en sont membres directs et plusieurs autres qui y sont rattachés et considérés comme des Etats associés. Ainsi, l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay sont les quatre pays membres.
Quant à la Bolivie, le Chili, la Colombie, l’Équateur, la Guyane, le Pérou, le Suriname… sont au nombre des États associés. Puis, le Mexique et la Nouvelle-Zélande sont des États observateurs. Il faut rappeler que le Venezuela y est suspendu depuis 2016 pour accusation contre les droits de l’homme, tout en conservant un libre-échange et une libre circulation avec les États membres.
Tout d’abord, il est important de savoir que, lancé antérieurement en 1999, le projet d’accord commercial de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur avait pu établir un texte d’accord en 2019 puis sera probablement conclu en traité lors du sommet du G20 les 18 et 19 novembre 2024 au Brésil.
Au centre de cet accord entre l’UE et les pays du Mercosur, il est prévu plusieurs décisions commerciales. Il s’agit entre autres de la suppression de la majorité des droits de douane entre les deux zones.
Aussi, si le traité était validé, il permettrait aux pays sud-américains de pouvoir écouler de la viande, du sucre, du riz, du miel, du soja vers l’Europe. A contrario, l’Europe exporterait voitures, machines, produits pharmaceutiques…
L’accord commercial entre le Mercosur et l’UE n’est pas sans crainte pour certains, comme indiqué un peu plus haut. En France par exemple, avec ce traité « les agriculteurs dénoncent une concurrence déloyale et un appel d’air sur des importations qui ne respecteraient pas les mêmes normes européennes », rapporte l’AFP.
En sus, selon le Figaro, les organisations syndicales craignent avec cet accord de « voir le marché européen inondé de produits plus compétitifs car ils n’auraient pas besoin de respecter les normes européennes (environnement, bien-être animal, etc) pour leur production »
L’économiste Maxime Combes va plus loin affirmant que cet accord permettra « d’ouvrir la voie à une déferlante de viande en provenance de champions de l’élevage comme le Brésil et l’Argentine, sans respecter les normes sanitaires européennes. L’accord prévoit des quotas d’exportation de 99 000 tonnes d’équivalent-carcasse et la suppression de tous les droits de douane sur quelque 60 000 tonnes de viandes importées du Mercosur », rapporte Franceinfo.
Outre donc les questions économiques, il serait donc en plus question des craintes sur le respect des normes environnementales ou de la sécurité alimentaire.
Il faut le dire, tous les pays de l’UE ne sont pas tous logés à la même réaction dans l’ensemble. Car si la France freine ce n’est pas le cas des pays tels l’Espagne et l’Allemagne par exemple, qui eux poussent plutôt à son adoption. A ce niveau, la France tente de faire bloc mais le traité se joue au niveau européen. Son seul vote ne suffira pas.
Selon CentrePresse.fr le gouvernement français pousse pour que l’accord comporte les dispositions de l’accord de Paris sur le climat et que les engagements pris en matière climatique soient contraignants. Le président français, Emmanuel Macron a redit en octobre que le traité n’était pas acceptable « en l’état » rapporte le même organe de presse.
Car, souligne CentrePresse.fr, si les producteurs laitiers, les viticulteurs ou encore le secteur des spiritueux profiteraient d’un tel accord, ce ne serait pas le cas des éleveurs bovins.
Déjà, le mercredi 13 novembre 2024, le Premier ministre français, Michel Barnier a indiqué que « la France n’acceptera pas l’accord de libre-échange UE-Mercosur dans les conditions actuelles », à l’issue d’une rencontre avec la présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen.
Plus de 600 députés, sénateurs et députés européens français issus de plusieurs groupes politiques lui ont également envoyé un courrier pour lui faire part de leur opposition, souligne CentrePresse.fr dans une de ces publications.
Fulgence Wawa Jay
Sources : CentrePresse.fr, Le Figaro, Franceinfo
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