| environnement | 05.10.2026 | 1.11K |
Placées sous le thème « La sécurisation foncière : un facteur de cohésion sociale et levier pour l’investissement productif, l’emploi ainsi que le développement durable », ces journées réunissent les acteurs du foncier autour des enjeux de sécurisation des terres et de développement.
Le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense, M. Téné Birahima Ouattara a souligné que l’enjeu foncier est avant tout humain, la sécurisation de la terre devant contribuer à prévenir les conflits, à protéger les communautés et à offrir davantage de sérénité aux agriculteurs, aux familles et aux investisseurs.
Dix ans après la création de l’Agence foncière rurale (Afor), le bilan présenté, lundi 5 octobre 2026, par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, à l’ouverture des premières Journées foncières d’Abidjan, fait ressortir une progression nette des principaux indicateurs.
Premier marqueur : la délimitation des villages. De seulement 284 villages délimités et bornés en 2017, le pays est passé à 5 786 aujourd’hui, soit plus de vingt fois le niveau enregistré il y a neuf ans.
Deuxième avancée : les certificats fonciers. Leur nombre est passé de 4 000 en 2017 à 68 000, permettant à un nombre croissant d’ayants droit de faire reconnaître et sécuriser leurs droits sur la terre. Troisième indicateur : la formalisation des contrats agraires. Alors qu’aucun contrat n’avait été signé en 2017, 86 447 contrats agraires sont désormais enregistrés.
Pour le ministre Bruno Koné, ces résultats ont une portée qui dépasse les seules statistiques administratives. « Sécuriser la terre, c’est moins de contentieux, plus de sérénité dans nos villages et nos villes, et plus de confiance pour ceux qui investissent », a-t-il souligné.
L’impact se mesure également sur les conflits. Une évaluation indépendante réalisée en 2025 estime qu’ils ont reculé d’environ 30 % grâce aux actions conduites par l’État.
Rappelons que le foncier rural ivoirien représente 23 millions d’hectares à sécuriser, environ 9 000 localités à délimiter, près de 1,5 million de certificats fonciers à délivrer et autant de contrats agraires à formaliser.
« Le chemin restant à parcourir est encore long », a reconnu le ministre, annonçant la préparation de nouveaux financements avec les partenaires au développement pour poursuivre le Programme national de sécurisation foncière rurale.
La Côte d’Ivoire entend ainsi consolider les acquis et accélérer la modernisation de sa gouvernance foncière. « Nous ne gagnerons rien à vouloir chacun réinventer la roue », a estimé Bruno Nabagné Koné, appelant les pays africains à partager leurs expériences pour aller « plus vite et plus loin ».
Invité d’honneur de la première édition des Journées, le ministre sénégalais de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a présenté l’expérience de son pays en matière de sécurisation foncière.
Il a salué les liens « de fraternité » entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire, estimant que cette coopération constitue un cadre privilégié pour partager les expériences et construire des solutions communes.
Le ministre a évoqué le Projet cadastre et sécurisation foncière lancé en 2021, dont l’objectif est de formaliser systématiquement les droits fonciers et de renforcer leur sécurité juridique. Ces Journées réunissent des délégations de 14 pays, : le Bénin, le Brésil, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée, l’Indonésie, Madagascar, le Mali, le Rwanda, le Sénégal, le Tchad et le Togo autour de l’administration foncière, du cadastre, de l’inclusion sociale et de la prise en compte du genre dans les politiques foncières.
Durant trois jours, plus de 2 000 participants, notamment des professionnels du foncier, des représentants de la société civile, des partenaires au développement, des universitaires, des organisations professionnelles agricoles et des acteurs du secteur privé, échangeront sur la sécurisation foncière.
BB
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