| animale/halieutique | 15.09.2026 | 36 |
Les secteurs de l’économie animale et de l’économie bleue constituent des piliers essentiels de la transformation structurelle de l’économie ivoirienne. Ils contribuent de manière significative à la sécurité alimentaire, à la création d’emplois, à la réduction de la pauvreté en milieu rural ainsi qu’à la croissance économique nationale. À ce titre, ils représentent environ 8,3 % du Produit Intérieur Brut (PIB) agricole et génère près de 700 000 emplois directs et 2,1 millions d’emplois indirects.
Malgré ce potentiel, leurs performances demeurent en deçà des attentes, comme en témoignent les faibles taux de couverture des besoins nationaux en produits d’origine animale, estimés à 49 % pour les viandes et abats, 15 % pour le lait et 12 % pour les produits halieutiques, entraînant une facture annuelle d’importation supérieure à 782 milliards de FCFA dont 200 milliards de FCFA pour les produits animaux et dérivés et 62 milliards pour les produits laitiers.
Afin d’inverser cette tendance et d’accélérer la transformation durable du secteur, le Gouvernement ivoirien, à travers le Ministère des Ressources Animales et Halieutiques (MIRAH), a élaboré la Politique Nationale de Développement de l’Élevage, de la Pêche et de l’Aquaculture (PONADEPA) 2026-2030.
Alignée sur les orientations du Plan National de Développement (PND) 2026-2030, cette politique constitue le cadre stratégique de référence pour le développement du secteur. Dotée d’un coût global de 2 875 milliards de FCFA, elle ambitionne notamment de porter le taux de couverture des besoins nationaux en protéines animales et halieutiques à 75 % à l’horizon 2030, et de renforcer durablement la contribution du secteur à la croissance économique nationale.
La mise en œuvre de cette politique repose principalement sur une forte mobilisation des investissements privés, appelés à assurer près de 80 % du financement global, aux côtés des Partenaires Techniques et Financiers (15 %) et de l’État (5 %). Dans cette perspective, la Stratégie Nationale de Développement des Productions Animales (SNPA), principal levier de l’économie animale, concentre à elle seule un investissement de 1 828,29 milliards de FCFA destiné à développer cinq (05) filières prioritaires que sont la filière avicole, la filière bovine, la filière ovine, la filière porcine et la filière cunicole.
Afin de préparer efficacement les investissements attendus dans ces filières et de disposer d’un portefeuille de projets techniquement solides, financièrement viables et attractifs pour les investisseurs, le MIRAH, avec l’appui de la Banque Africaine de Développement (BAD), a engagé la mise en place du Projet de Préparation pour le Financement des activités de développement de l’élevage (PPF Économie Animale) qui devra conduire à la mise en place du programme de développement de systèmes de productions animales résilients et d’amélioration des moyens de subsistance des femmes et des jeunes dans le secteur de l’élevage.
Ce PPF permettra de réaliser les études stratégiques nécessaires à la préparation d'investissements dans le secteur de l'élevage, afin de renforcer la résilience du secteur et d'améliorer sa capacité à faire face aux défis économiques, techniques, climatiques et sanitaires. D’où la cérémonie de lancement dudit Projet, ce lundi 14 septembre 2026, en présence du Premier Ministre Robert Beugré Mambé.
« Notre ambition est de faire en sorte que chaque animal produit sur notre territoire puisse générer davantage de valeur ajoutée pour notre économie et par ricochet favoriser la création durable de richesse nationale. Pour la ferme familiale de Badikaha autant que pour celle moyenne de Man ou moderne de Songon. Voilà le changement de paradigme que nous voulons engager », a précisé le ministre Sidi Tiémoko Touré.
Pour lui, le processus engagé ce jour exige des investissements importants. Bien que l’État continuera de jouer pleinement son rôle notamment en créant un environnement favorable et en poursuivant diverses initiatives telles que l’identification des animaux, la traçabilité et la digitalisation des services, le secteur privé doit définitivement devenir un moteur majeur de la transformation de l’Économie Animale.
« Nous devons attirer davantage les investisseurs nationaux et internationaux dans toutes les chaines de valeurs mais également mobiliser davantage les banques, les institutions financières et les mécanismes innovants de financement. Pour passer le cap du plafond de verre de 10% d’inclusion financière des éleveurs dans le secteur bancaire », a-t-il indiqué.
Pour rappel ce sont plus de 2300 milliards de FCFA qui sont à mobiliser pour le secteur privé.
« Notre ambition est donc de faire progressivement du secteur animal, un secteur d’investissement à part entière, capable d’attirer les capitaux privés et de développer des entreprises compétitives. La construction de cette Économie Animale sera nécessairement collective et s’opérationnalisera dans nos territoires », a-t-il ajouté.
Pour favoriser l’émergence de véritables pôles territoriaux, Sidi Touré annonce la mise en place de 14 Zones de Développement de l’Économie Animales et de l’Économie Bleue (ZODECAB) avec comme levier principal le modèle d’agrégation. Ces espaces devront permettre de rapprocher les producteurs, les entreprises, les investisseurs, les institutions financières, les centres de recherche et de formation ainsi que les collectivités territoriales.
Ils devront devenir de véritables écosystèmes d’investissement, de production et de transformation et permettront de faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs capables d’investir dans l’ensemble des chaînes de valeur et de créer des champions nationaux. Ainsi, « l’Économie Animale contribuera non seulement à notre souveraineté alimentaire, mais également à l’aménagement économique de nos territoires, conformément à la feuille de route gouvernemental matérialisée dans le PND 2026-2030 ».
« Notre ambition est claire en la matière. Produire davantage, produire mieux, produire de manière durable, afin de réduire progressivement notre dépendance aux importations et renforcer notre souveraineté alimentaire. C'est dans cette perspective que le gouvernement a engagé la mise en œuvre de la nouvelle génération de la politique nationale de développement de l'élevage, de la pêche et de l'aquaculture », a affirmé pour sa part, le Chef du Gouvernement de Côte d'Ivoire, Robert Beugré Mambé.
BB
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