Côte d’Ivoire - Cacaoculture / Crise des stocks résiduels : Le SYNAVICI indexe et récuse le Collège des Producteurs

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vegetale 03.08.2026 1.93K

Le Syndicat National Vision Nouvelle de Côte d’Ivoire, SYNAVICI, était, le week-end dernier, en rassemblement à Man, dans le Tonkpi, pour l’investiture de son coordinateur général pour cette vaste région de production cacaoyère. Ce fut également une occasion pour les membres de cette organisation de passer à la loupe certaines préoccupations dans la filière avec en point de mire la situation dite de crise des stocks résiduels.

        Par Fulgence Wawa Jay

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  fulwawajay@latribuneagricole.ci

 

C’est une salle de conférence archicomble de l’Hôtel Bon Séjour de Man, qui le 1er aout 2026, fut le théâtre de la grande mobilisation des producteurs de cacao suscitée par la mise en mission officielle de M. Vincent Koalga dans son rôle de Coordonnateur Général du Grand Ouest du Syndicat National Vision Nouvelle de Côte d’Ivoire, et ce, avec la présence de plus de 2000 participants, puis, devant le témoignage des autorités administratives et traditionnelles de la région.

 

M. Sanou Moussa, président national du SYNAVICI et ses pairs ont ainsi voulu continuer la démonstration de l’ancrage de leur organisation syndicale avec la présence des délégations de producteurs venu des départements de Man, Biankouma, Danané, Bangolo, Zouan-Hounien… sans omettre les localités de Bogouiné, Sangouiné, Maapleu, Zélé, Gbêpleu….

 

Fort de la solidarité des producteurs et du grand soutien autour de lui, le Pdt Sanou du SYNAVICI, qui considère son organisation comme une force de proposition mais également de vigilance pour le bien-être des producteurs ivoiriens, n’a pas usé de subterfuges pour sauter à pieds joints dans l’arène de la crise concernant la gestion des stocks résiduels de cacao, qui anime actuellement le marigot de l’or brun ivoirien. 

 

Pour lui, il n’y a pas quatre chemins à chercher ailleurs les causes de cette situation qui fâche de nombreux acteurs et observateurs de la filière du cacao en Côte d’Ivoire. Car, selon lui, à l’aune de la crise de la mévente du cacao de la campagne principale, 291 milliards a pu être mobilisé par l’Etat et mis à la disposition des producteurs via le Conseil du Café-Cacao (CCC) pour l’enlèvement d’un volume de 100 000 tonnes de cacao résiduel. Lancée le 29 janvier 2026, avec pour maitre d’œuvre le CCC cette opération d’enlèvement en à croire M. Sanou Moussa se poursuivait « en toute quiétude à la satisfaction générale de l’ensemble des producteurs à travers leurs différentes coopératives » 

 

C’est d’ailleurs pourquoi, et pour plusieurs autres raisons en faveur des producteurs que le premier responsable du SYNAVICI a tenu à exprimer, en entame, toute sa « profonde gratitude au Président de la République, SEM. Alassane Ouattara et au gouvernement ivoirien » avec un hommage particulier au Directeur Général du Conseil du Café-Cacao, M. Yves Brahima Koné qui, depuis son arrivée fait montre, selon l’orateur, d’ « une volonté affirmée des moderniser la gouvernance de la filière, d’améliorer les méthodes de gestion et de renforcer la crédibilité du Conseil Café-Cacao »

 

Cependant, aux dires du président Sanou Moussa de la SYNAVICI, malgré les bonnes actions et la bonne volonté des autorités pour la satisfaction des producteurs, « les difficultés » et le « calvaire » des producteurs débuterons lorsque « le Collège des Producteurs s’est invité de manière brutale à l’opération d’enlèvement »

 

Le SYNAVICI pointe ainsi un doigt accusateur contre le collège des Producteurs, du moins, ceux qui le dirigent. Un véritable réquisitoire sans appel donc contre les principaux animateurs de la représentation des producteurs, car, à l’entendre, « le CCC a dans un esprit d’apaisement mis à la disposition du Collège des Producteurs 63 830 tonnes. Ce volume qui représente plus de 60 % de l’enveloppe allouée à cette opération, a été géré de manière très calamiteuse, arbitraire et par copinage » et ce, au détriment, toujours selon lui, de « la volonté du gouvernement de soulager l’ensemble des producteurs ».

 

Toujours dans la ligne droite des griefs contre le Collège des producteurs, le responsable syndical ne s’arrête pas là. Il ajoutera que le Collège est allé plus loin en « retirant même sans aucune explication…plus de 614 coopératives » d’une liste mise à disposition par le CCC sous le prétexte que « ces coopératives n’avaient pas des stocks supérieurs à 40 tonnes dans leurs magasins » ce qui occasionne encore la présence de « milliers de tonnes de cacao entre les mains des coopératives ».

 

Pour le combat de la dignité des producteurs, le pdt Sanou Moussa, à cette tribune ne fera pas que porter des accusations. Il a profité de l’occasion pour formuler des résolutions pour la résolution de cette crise au vu de tout ce qui précède.  

 

Profitant ainsi du pupitre et devant le parterre de ses congénères, il lancera un appel à l’endroit du gouvernement de Côte d’Ivoire et toutes les institutions concernées par la bonne gouvernance pour demander « de diligenter un audit indépendant dans la gestion des stocks de cacao résiduels » afin que les coupables soient punis.

 

A cet effet, une pétition qui débutera depuis Man, aux dires de M. Sanou Moussa sera effective pour demander entre autres la dissolution du Collège des Producteurs de l’OIA café Cacao, la mise en place rapide d’un processus transparent et inclusive permettant la désignation ou l’élection de nouveaux représentants des producteurs, l’ouverture d’un dialogue avec l’ensemble des organisations de producteurs afin de restaurer la confiance et d’assurer une gouvernance représentative, puis, le refus du prélèvement de 10 F CFA / Kg comme contribution volontaire obligatoire.

 

F. W. J 

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