| environnement | 19.07.2026 | 13 |
Il porte des lèvres orange, une face noire et quatre doigts seulement par main. Les chercheurs de la Florida Atlantic University sont formels : ce petit singe est bien le représentant d’une nouvelle espèce inconnue jusqu’alors. Il avait été aperçu pour la première fois en 2008 dans les denses forêts du parc national de la Lomami, dans le centre-est de la République démocratique du Congo (RDC).
Dix-huit ans ont passé entre cette première rencontre et la confirmation, en juillet 2026, par une équipe de chercheurs internationaux que le génome du Colobus Congoensis ne correspondait à aucune autre espèce connue.
La trouvaille est de taille : c’est seulement la cinquième nouvelle espèce de singe découverte en 75 ans. L’étude a été publiée dans la revue scientifique Plos One en juillet 2026.
Deux rencontres en dix ans
La première trace de ce mystérieux animal est une photographie floue prise en 2008 par un chercheur. On y distingue un primate aux caractéristiques inconnues. « Mais l’image n’était pas assez précise pour affirmer qu’il s’agissait d’une espèce qu’on ne connaissait pas », explique à RFI Junior Amboko, doctorant en anthropologie à la Florida Atlantic University et co-auteur de l’étude.
Quand l’animal est aperçu une seconde fois, dix ans plus tard, Junior Amboko, attaché au parc de la Lomami, était présent : « Sur les photos que me ramènent mes collègues, je vois un singe très noir, avec des lèvres orange. Je n’avais jamais vu ça dans aucun de mes livres. »
Le scientifique congolais renvoie les équipes sur le terrain prendre d’autres photos : « Les résultats étaient encore plus surprenants, car on s’est aperçu qu’ils n’avaient que quatre doigts contre cinq pour les autres espèces de la région. »
Des lointains cousins ailleurs en Afrique centrale
Junior décide alors de candidater à une bourse de la National Geographic Society en 2020. Avec ces financements américains, les équipes du parc sont formées, sur le terrain, à l’observation des animaux et à la collecte d’échantillons, qui seront envoyés un an plus tard aux États-Unis pour être analysés.
L’analyse de leur comportement, de leur morphologie et de leur génome a apporté la preuve qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce. « Celle qui lui ressemble le plus vit à 1 200 kilomètres de là, au Gabon et en Guinée équatoriale, précise Junior Amboko. Au niveau génétique, on a pu déterminer que les deux espèces s’étaient séparées il y a plus de quatre millions d’années ».
Mais à peine découvert, le primate est déjà menacé, alerte Junior Amboko : « Pour qu’une espèce ait de bonnes chances de survivre, elle doit avoir une grande zone de distribution. Le Colobus Congoensis vit sur une toute petite partie du parc de la Lomami, de 1 700 km2. Ce n’est absolument rien ! Un petit changement dans cette zone et l’espèce peut disparaitre ! »
Le parc de la Lomami est une zone protégée. Mais le gouvernement doit renforcer les patrouilles, insiste Junior Amboko, des braconniers ayant déjà été aperçus dans la région.
Source : RFI
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