Mécanisation, semences et infrastructures dans la filière coton Ivoirienne : INTERCOTON évalue les avancées du projet RESCO

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Le Conseil d’Administration de INTERCOTON a effectué, du 8 au 14 mars 2026, une mission de supervision dans le bassin cotonnier dans le cadre de la mise en œuvre du projet de Résilience des Systèmes Cotonniers du Nord de la Côte d’Ivoire (RESCO). L’objectif était d’apprécier l’état d’avancement des activités du projet, d’analyser les résultats enregistrés sur le terrain et d’identifier les défis à relever afin de renforcer la durabilité de la filière coton.

Selon le Président du Conseil d’Administration de INTERCOTON, M. Soro Moussa, cette mission s’inscrit dans une démarche de gouvernance et de transparence dans la gestion des initiatives de la filière.

« Pour un bon dirigeant, il est important de se rendre sur le terrain pour voir concrètement ce qui a été réalisé. Les administrateurs ont voulu constater eux-mêmes les actions menées dans le cadre du projet RESCO et apprécier les résultats obtenus au profit de toute la filière coton », a-t-il expliqué.

Au cours de cette tournée, les administrateurs de INTERCOTON, accompagnés de la Direction Exécutive conduite par le Directeur Exécutif et Coordonnateur du projet RESCO, Silué Siontiamma Jean-Baptiste, ont visité plusieurs sites stratégiques dans les localités de Mankono, Dianra, Boundiali, Korhogo et Nassian. Ces différentes étapes ont permis des échanges avec les équipes techniques, les producteurs ainsi que les partenaires locaux impliqués dans la mise en œuvre du projet.

La délégation s’est notamment rendue dans plusieurs Centres de Prestations Motorisées et des Innovations Agricoles (CPMIA) mis en place dans le cadre du projet. Dotés de tracteurs et d’équipements agricoles modernes, ces centres constituent une réponse concrète aux enjeux de modernisation de la production cotonnière.

Pour le Président du Conseil d’Administration de INTERCOTON, ces infrastructures illustrent l’impact du projet sur le terrain.

« Aujourd’hui, avec les équipements de mécanisation que nous avons vus dans les centres de prestations, les producteurs peuvent travailler de plus grandes superficies en peu de temps. Avec un tracteur, les surfaces qui peuvent être labourées dépassent largement ce qui est possible avec la traction animale ou le travail manuel », a-t-il souligné.

Le Directeur Exécutif de INTERCOTON a, pour sa part, mis en avant la transformation progressive des systèmes de production dans le bassin cotonnier.

« Depuis plusieurs décennies, la culture du coton repose principalement sur la traction animale. Nous préparons désormais la transition vers une mécanisation motorisée adaptée aux réalités de nos producteurs », a-t-il indiqué.

Il a précisé que le modèle des centres de prestations motorisées constitue une solution adaptée aux exploitations agricoles de taille modeste.

« La plupart de nos producteurs exploitent entre deux et cinq hectares. Il leur est difficile d’acquérir individuellement un tracteur et d’en assurer l’entretien. Ces centres leur permettent donc d’accéder aux services de mécanisation sans supporter seuls les coûts d’investissement », a-t-il expliqué.

 

Le Président de la Fédération des Unions des Sociétés Coopératives des Producteurs de la filière Coton de Côte d’Ivoire (FPC-CI), Soro Yacouba, a salué l’impact de ces innovations sur les conditions de travail des producteurs.

« Avec le tracteur, un seul engin peut labourer plusieurs hectares par jour. Cela va beaucoup aider les producteurs à respecter les périodes de semis malgré les contraintes climatiques », a-t-il affirmé, soulignant que ces équipements représentent un véritable soulagement pour les producteurs.

Il a par ailleurs mis en avant l’intérêt de l’utilisation des drones pour les traitements phytosanitaires, qui contribuent à réduire la pénibilité du travail tout en protégeant la santé des producteurs.

Au-delà de la mécanisation, les administrateurs ont visité le site de la future unité de délintage de Kakologo, une infrastructure stratégique destinée à améliorer la qualité des semences et à renforcer la productivité des exploitations agricoles.

La mission s’est ensuite rendue dans le village semencier de Kaziévogo, où les administrateurs ont échangé avec les producteurs engagés dans la production de semences de coton. Ceux-ci ont présenté les performances enregistrées au cours de la dernière campagne, tout en évoquant certaines préoccupations, notamment liées au coût des intrants agricoles.

La dernière journée de la mission a débuté par une visite de la station coton du Centre National de Recherche Agronomique (CNRA) à Bouaké. Les administrateurs ont pu découvrir les bâtiments en construction qui accueilleront prochainement des laboratoires spécifiquement dédiés à la filière coton. Des informations détaillées leur ont été présentées sur la particularité des infrastructures, les spécificités des différents compartiments ainsi que l’état d’avancement des travaux.

Pour le Président du Conseil d’Administration, ces investissements sont déterminants pour l’avenir de la filière.

« La vie de la filière coton repose sur la semence. Il est donc indispensable de disposer d’infrastructures modernes permettant aux chercheurs de travailler dans de bonnes conditions afin d’améliorer continuellement la qualité des semences », a-t-il affirmé.

La visite du Centre de Classement du Coton a marqué la fin des déplacements de terrain. Les administrateurs ont suivi avec intérêt le circuit de classification des échantillons de coton provenant des sociétés cotonnières. Ils ont aussi découvert l’importance du dispositif technologique dont dispose le centre, notamment les chaînes HVI et le Neptester, des équipements de pointe permettant d’évaluer avec précision les caractéristiques de la fibre.

Au terme de cette mission, les administrateurs de INTERCOTON se sont félicités des résultats observés sur le terrain.

« Nous sommes partis vérifier ce qui a été réalisé dans le cadre du projet et nous revenons satisfaits, car les réalisations sont visibles et profitent effectivement à l’ensemble de la filière », a conclu le PCA.

Financé par l’Agence Française de Développement, en partenariat avec l’État de Côte d’Ivoire à travers le ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, le projet RESCO s’inscrit dans une dynamique de modernisation et de résilience des systèmes de production cotonniers face aux défis climatiques et économiques.

Sercom

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