Interview / Kouakou Kouadio Leonard : « L’incubateur du Centre de formation de l’Anader de Gagnoa permettra de fabriquer des produits à forte valeur ajoutée ».

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vegetale 07.11.2025 1.74K

Le responsable de l’incubateur du Centre de formation de l’Anader de Gagnoa-Lakota, M. Kouakou Kouadio Leonard livre, dans cet entretien avec La Rédaction de La Tribune Agricole, les ambitions de sa structure pour l’ensemble des sous-produits et déchets du cacao.

Pouvez-vous présenter l’incubateur du centre de formation de l’Anader de Gagnoa ? 
L’incubateur du Centre de formation de l’Anader de Gagnoa s’étend sur plus de 60 hectares. Il joue un rôle clé dans la valorisation des déchets et sous-produits du cacao en favorisant l’entrepreneuriat agricole innovant. L’annexe, celui de Lakota s’étend sur environ 1,3 hectares.

Quel est le rôle de cet incubateur ? 
Il accompagne les jeunes et les producteurs dans la transformation durable du cortex de cacao, du jus de mucilage issu de la fermentation des fèves de cacao et autres résidus du cacao pour en faire des produits à forte valeur ajoutée tels que la production de briquettes combustibles non carbonisées, de champignons comestibles et de vinaigre d’assaisonnement à court terme, et des engrais organiques, des aliments pour bétail, du biochar, ou encore des cosmétiques naturels à moyen et long terme. 
Ces innovations contribuent à une économie circulaire du cacao, réduisent les déchets et soutiennent la transition vers une agriculture verte et durable. 
Il faut noter que l’incubateur rentrera dans sa phase de production intensive à partir novembre 2025. Les années antérieures (2022 à 2024) ont été consacrées à la formation des formateurs sur les différentes lignes de production de l’incubateur, suivie de celle des producteurs au nombre de 26 répartis sur tout le territoire. 
 

Pouvez-vous partager une success story d’un produit ou d’une startup soutenue par l’incubateur qui a marqué les esprits ? 
Les success stories seront plus visibles les 2 années à venir quand la majorité des producteurs formés bénéficieront des résultats de leurs investissements. Néanmoins, une productrice de Bayota, Mme Gnagno, formée par l’incubateur de Gagnoa a commencé à récolter ses premiers champignons dont 10 kg de frais ont été distribués pour la dégustation. 3 kg de champignon séchés (30 kg en frais) sont ensachés pour la vente. Cette initiative créée l’engouement dans la localité et aux environs, ce qui justifie la forte sollicitation dont le centre fait l’objet.

Quel est l’impact de l’incubateur sur les communautés locales et les producteurs des chaines de valeurs cacao, banane plantain et manioc en Côte d’Ivoire ? 
L’on ne pourra l’évaluer qu’à partir de 2030. Mais pour les perspectives, quelques impacts peuvent être mesurés. Notamment, l’impact économique (Création d’emplois locaux, augmentation des revenus, diversification des sources de revenus), l’impact social (Renforcement des capacités locales, autonomisation des femmes rurales, réduction de la pauvreté en milieu rural), l’impact environnemental (Réduction des déchets agricoles grâce à leur valorisation (compost, biochar, alimentation animale), promotion d’une agriculture durable, amélioration de la fertilité des sols via l’utilisation de compost organique issu des résidus de cacao et de manioc)

Comment le Projet ProCIV et ses partenaires contribuent-ils au succès de l’incubateur ? 
Le Projet ProCIV et ses partenaires jouent un rôle essentiel dans le succès de l’incubateur du Centre de formation de Gagnoa. Leur contribution se situe au niveau de l’appui technique, avec le renforcement des capacités des agents de l’Anader ; la contribution à la structuration des chaînes de valeur cacao, manioc, banane plantain, en identifiant les opportunités économiques et en accompagnant les jeunes et femmes entrepreneurs
; le soutien financier et logistique. Précisons que le projet a financé la construction et l’équipement de l’incubateur de transformation (machines, outils). Il a aussi organisé une visite d’échanges entre les incubateurs et unités pilotes mis en place sur le territoire ivoirien. 
La contribution du Projet ProCIV et ses partenaires se situe également au niveau de l’innovation et de la durabilité. Le projet encourage l’utilisation de technologies vertes et la valorisation des déchets agricoles pour créer des produits à forte valeur ajoutée (engrais organiques, aliments pour bétail, cosmétiques, etc.). Il favorise la durabilité environnementale et économique des initiatives incubées. 
En résumé, le Projet ProCIV, par son appui technique, financier et logistique, agit comme un catalyseur du développement de l’incubateur de Gagnoa. Il contribue à en faire un pôle d’excellence rurale favorisant la création d’emplois, la valorisation des productions locales et l’autonomisation des jeunes et des femmes.

En quoi l’incubateur du Centre de Formation de l’Anader de Gagnoa est-il essentiel pour l’avenir du cacao ivoirien ? 
Tout simplement parce qu’il valorise les déchets et sous-produits du cacao, en créant des produits innovants à forte valeur ajoutée, renforçant ainsi, la durabilité et la compétitivité de la filière. En un mot, il permettra de transformer les ordures en or-dur dans l’avenir.

Avec la fin prochaine du projet ProCIV, comment l'incubateur prévoit-il de maintenir ses activités ? 
L’incubateur développera un modèle économique fondé sur la commercialisation des produits transformés (briquettes combustibles, champignons comestibles, vinaigre d’assaisonnement) et la prestation de services de formation à d’autres structures, producteurs et entrepreneurs agricoles ; A travers également, la diversification des produits finis (compost et biochar ; jus de cacao et bioéthanol ; fourrage 
pour aliments de bétail), le renforcement des partenariats par la poursuite de la collaboration avec d’autres partenaires techniques et financiers tels que le Firca, le Conseil Café Cacao, les collectivités locales et décentralisées, les exportateurs du binôme café-cacao, les entreprises coopératives etc.).

Un message à l’endroit des bailleurs ? 
Nous appelons les potentiels partenaires et bailleurs, à continuer à soutenir l’incubateur, tout en participant directement à la transformation structurelle de l’agriculture ivoirienne, à la création d’emplois décents et à la valorisation du potentiel des zones rurales. Leur contribution est un levier essentiel pour faire de chaque producteur et entrepreneur un acteur clé du développement durable de la Côte d’Ivoire.

C. DJEZOU

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