SARA 2025 / Journées hévéicoles : L’APROMAC explique ses actions et avancées de durabilité

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vegetale 26.05.2025 1.80K

Le Salon international de l’Agriculture et des Ressources Animales, le SARA, continu son déroulé au parc des expositions d’Abidjan en Côte d’Ivoire depuis le 25 mai 2025. Et l’étape de la quatrième journée, à ce propos, fut celle de la filière hévéa de Côte d’Ivoire pilotée par l’APROMAC, l’Association des Professionnels du Caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire. Une occasion pour les dirigeants et acteurs d’exposer, puis, échanger sur l’état de santé de cet important fleuron agricole de l’économie ivoirienne inscrit depuis lors et sous la houlette de ses dirigeants actuels dans une dynamique d’innovation, de performance et de responsabilité sociétale et environnementale.

L’honneur fut échoit au Secrétaire Exécutif de l’APROMAC, Monsieur Serges Pacôme Moro Kouamé de présenter explicitement la filière hévéicole ivoirienne au nom du Président du Conseil d’Administration, Monsieur  Charles Emmanuel Yacé. Tout en saluant le soutien des autorités, des partenaires, les professionnels du secteur et l’engagement collectif en faveur d’une filière développée et prospère, le Secrétaire Exécutif de l’APROMAC, M. Moro a relevé à l’assistance l’assurance d’un chemin plus que porteur pour la filière et ses acteurs à travers « les efforts déployés, les engagements pris et les avancées significatives enregistrées en matière de développement par l’APROMAC avec la participation de tous » au profit de l’ensemble, voir du pays tout entier. 

 

La faitière hévéicole, l’APROMAC, depuis sa création en 1975 jusqu’à sa reconnaissance par le décret N° 2020-276 du 26 février 2020 en tant qu’Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA) au compte de le filière hévéicole, selon lui, ne faillira donc pas à sa mission fondamentale de « promouvoir un développement harmonieux et durable du secteur hévéa en Côte d’Ivoire, à travers une professionnalisation des acteurs, un renforcement des capacités ainsi qu’une amélioration des moyens de production et de transformation »

 

Une présentation de la filière, de ses initiatives et des résultats pour un développement durable qui méritent par ailleurs les félicitations du Directeur Général du Développement Rural, Monsieur N’Guessan Rodrigue, représentant Monsieur Kobenan Kouassi Adjoumani, Ministre d’Etat, Ministre de l’Agriculture du Développement Rural et des Productions Vivrières ; qui a traduit, à la suite du Secrétaire Exécutif, un regard positif sur l’APROMAC au travers de ses activités. « Nos félicitations et encouragements pour les différentes activités que vous menez au sein de cette filière » dira Monsieur le Directeur Général. 

 

Pour lui, les actions de l’APROMAC construit sur une base scientifique et surtout cette journée au SARA, avec pour point central la question de la durabilité méritent d’être saluées car « au plan national comme international, on demande à tous les systèmes agricoles d’être durables » ; alors, pendant que la culture d’hévéa fait face à des accusations non fondées prétendant qu’elle serait une menace pour la souveraineté alimentaire et détruirait le sol ou la forêt, démontrer à travers des initiatives et preuves que l’on peut faire de l’hévéa en combinaison avec d’autres cultures sans détruire le sol encore moins la forêt est un grand bénéfice pour l’ensembles des acteurs à mettre au compte de l’APROMAC.

 

Sur sa lancée, Monsieur N’Guessan a fait cas de la transformation locale qui est également inscrit dans la durabilité. « La durabilité de la filière ne peut s’entrevoir sans une seconde transformation » indiquera l’orateur. C’est pourquoi, selon lui, si la première transformation pour la culture hévéa et contrairement aux autres est presqu’en cent pour cent, le souhait du gouvernement ivoirien est de « voir émerger une seconde transformation dynamique » au sein de la filière. 

M. Serges Pacôme Moro Kouamé, Secrétaire Exécutif de l'APROMAC, représentant le PCA Charles-Emmanuel Yacé

 

Une préoccupation qui sera d’ailleurs au menu au cours des échanges de cette journée de l’APROMAC et ses Collèges avec un panel qui avait pour thème « État des lieux de la deuxième transformation du caoutchouc naturel en Côte d’Ivoire » avec la modération de M. Dominique Pkolo et les interventions de Messieurs Moïse Kouakou et Yann Koffi, respectivement Administrateur et délégué à l’APROMAC 

 

Bien avant, Dr Dian Kouadio, Directeur des Etudes et Projets à l’APROMAC et président du comité scientifique a animé une conférence sur « La durabilité de la filière hévéa en Côte d’Ivoire » avec à ses côtés ses pairs dudit comité, tous administrateurs à l’APROMAC dont M. Sahifo Gbo, Mme N’Guessan Christel, Justin Assandi,  Une étape qui a permis d’exposer véritablement sur la question de la durabilité et les démarches entreprises par l’APROMAC. Ce spécialiste des questions hévéicoles de l’APROMAC a affirmé que la Côte d’Ivoire avec une production avoisinant les 1 700 000 tonnes de caoutchouc sec en 2024 est devenu un pays hévéicole qui compte de plus en plus sur l’échiquier international, assurant 12 % de la production mondiale et 82 % de la production africaine de caoutchouc naturel. Ce qui lui donne les rangs de premier et troisième producteur africain et mondial. 

 

Cette performance est due, selon lui aux orientations stratégiques de l’ETAT de Côte d’Ivoire et aux efforts de l’ensemble des acteurs de la filière « réunis autour de l’Association des professionnels du Caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire, APROMAC ». Alors si malgré cette santé remarquable, des défis dont ceux de la durabilité et de la labélisation du caoutchouc ivoirien restent à relever, Dr Dian est plus que rassurant pour la suite au vue des initiatives des responsables de la filière pour l’atteinte de ces objectifs. 

 

La durabilité de la filière hévéicole

A l’en croire, la durabilité par exemple, qui prend en compte les trois dimensions que sont l’économie, l’environnement et le social est au cœur des actions de l’APROAMC. Et, à ce propos, l’organisation première des acteurs hévéicoles en Côte d’Ivoire mène selon Dr Dian des initiatives pour permettre la production de caoutchouc naturel économiquement rentable sur au moins un cycle de 36 ans sans être en conflit avec les normes environnementales , sociales, avec une prise en compte des besoins de se nourrir convenablement. 

 

Ainsi, aux dires de l’exposant, l’APROMAC, au sujet de la durabilité économique, a mis en œuvre à travers un programme d’appui à la création et à la gestion durable des plantations d’hévéa, un mécanisme durable de mise à disposition de matériel végétal amélioré pour la création de plantation d’hévéa à haut potentiel de production. Plus de 200 000 ha de plantation ont été créées grâce à une subvention en faveur des planteurs pour l’acquisition de plants. Et ce de 2010 à 2024. Cette action de l’APROMAC contribuera à améliorer la productivité des plantations créées et à accroître la richesse au profit des populations bénéficiaires. A côté de cela et au même chapitre, plus de 300 km de pistes rurales ont été reprofilées ou ouvertes et 3 000 mètres linéaires de buses ont été posées pour faciliter l’évacuation des productions vers les usines. 

 

Pour ce qui est de la durabilité environnementale, l’éminent spécialiste dira que face aux effets néfastes du dérèglement climatique, l’APROMAC, pour protéger l’environnement et éviter de détruire les forêts, les aires protégées et les écosystèmes fragiles et vulnérables a entrepris de ne pas subventionner une plantation créée dans les forêts et aires protégées. Aussi, face à la raréfaction des terres agricoles et aux besoins alimentaires, l’APROMAC fait la promotion de cultures vivrières associées à l’hévéa en phase immature, de cultures vivrières juxtaposées à l’hévéa en phase mature et de l’élevage associé à l’hévéaculture. L’APROMAC, sur le même sujet fait également la promotion de la culture d’hévéa sur jachère, de la culture d’hévéa dans les nouvelles zones jadis dites marginalisées et dans les zones de savane.

 

Enfin avec la durabilité, il y a la partie sociale. Face à la faible professionnalisation des exploitants et à la baisse d’attractivité de l’agriculture auprès des jeunes ruraux, l’APROMAC entend promouvoir le genre, former aux métiers de l’hévéa, construire encore des centres de santé et des écoles, assurer la sécurité foncière et l’accès aux terres, améliorer les conditions de vie et de travail sur les unités de production et faciliter l’accès au financement. L’APROMAC contribue également à faciliter l’accès aux infrastructures sociales concernant l’eau potable, l’électricité, la santé et scolaires. L’APROMAC ne s’arrête pas là. Elle travaille toujours au volet social à la création d’emplois durables (Saigneurs, pépiniéristes, greffeurs, régisseurs). Dr Dian affirme que de 2010 à 2024, 5 000 saigneurs, 40 régisseurs et 200 greffeurs ont été formés. Toujours au plan social, l’APROMAC facilite l’accès aux plants de production aux communautés villageoises et aux populations les plus démunies dans le cadre d’une subvention sociale pendant que l’opération de sécurisation foncière est en cours pour l’obtention des certificats fonciers par les planteurs d’hévéa.

Le monde hévéicole est sorti nombreux pour cette journée de leur secteur d'activité 

 

La labélisation

Après la durabilité, il y a l’objectif de labélisation. Pour l’APROMAC et par la voix de Dr Dian, il est important de promouvoir et valoriser le caoutchouc naturel origine Côte d’Ivoire en créant un label, preuve de transparence, de différenciation et de reconnaissance de la qualité produite, sur la base de normes mondialement reconnues permettant l’amélioration des prix de ventes sur le marché international et une énumération de façon plus équitable des petits producteurs qui ont autour de 90 % du verger hévéicole national. 

 

La labélisation passe également par la géolocalisation et le géoréférencement. Ainsi, l’APROMAC, depuis 2015 procède à la géolocalisation des parcelles dans le Système d’Information Géographique (SIG) afin d’exclure évidemment des actions de subventions et d’appui à toute parcelle située dans une aire protégée (parcs, réserves et forêts classées). Pour le géoréférencement qui n’est autre que l’identification des planteurs et plantations d’hévéa de Côte d’Ivoire, l’APROMAC, par cette activité démarrée en 2024, attends de mettre le caoutchouc d’origine ivoirienne en conformité avec la Règlementation de l’Union Européenne sur la Déforestation (EUDR) en vue d’aboutir à une politique de « Zéro déforestation »

 

A ce jour, Dr Dian affirmera en s’appuyant sur les données de CATS, que cette opération enregistre un taux de réalisation de 76 %, 240 000 planteurs identifiés et 298 000 plantations géoréférencées. 

 

Le pari réussi de l’APROMAC

Au cours de cette journée dédiée à l’hévéaculture, plusieurs autres activités ont permis aux participants de repartir très outillé en termes d’informations et des actions menées par la faitière de leur filière, l’APROMAC. Des échanges et deux autres panels sur la « Production et valorisation des vivriers produits en Association avec l’hévéa» et la « Valorisation de la graine d’hévéa en Côte d’Ivoire» ont permis également de meubler cette rencontre au bonheur des acteurs hévéicole de Côte d’Ivoire. 

 

Fulgence Waw Jay

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